Occupied S2 affiche

Le visionnage - tardif il est vrai - de la seconde saison de la série franco-norvégienne "Occupied" m'a fait pour une fois changer complètement d'avis, et réaliser que ses "défauts" pointés par la majorité des téléspectateurs, et que j'avais "relativisés" en 2017, constituent un problème majeur, qui empêchent bel et bien la série de fonctionner. Car je me suis assez horriblement ennuyé devant les huit épisodes aussi frénétiques que littéralement interminables de cette seconde saison, qui échoue tristement à provoquer la moindre émulation.

Bien entendu, c'est le sujet même de "Occupied" qui est au cœur du problème. L'idée de départ, due à notre très cher Jo Nesbo, d'une prise de contrôle d'une Norvège riche en énergie par la Russie, et ce à la demande de l'Union Européenne inquiète du chantage exercé par un gouvernement norvégien "vert", était amusante... Encore aurait-il fallu que ses répercussions et son évolution soient construites avec un minimum de rigueur "politique", sans même parler de pure et simple "logique" : or, le "scénario" (et ça écorche la bouche d'utiliser ce terme pour parler de ce que l'équipe de Erik Skjoldbjaerg et Karianne Lund nous a pondu ici) échoue à tous les niveaux !

Si les Français accepteront sans doute l'idée d'un commissaire européen corrompu faisant passer ses intérêt financiers avant son poste (Hippolyte Girardot, qui rame en vain pour donner à son rôle un peu de consistance...), il sera plus difficile d'admettre ces images ridicules de jeunes manifestants dans les rues de Paris, bien loin de la réalité de nos "gilets jaunes"... ce qui fait qu'on n'ose penser ce qu'un Norvégien ira penser de l'extrapolation proposée ici de la situation de son pays ! Incapable donc d'adhérer, et donc de s'intéresser à l'histoire, le téléspectateur en est réduit à se contenter d'un vague thriller mal rythmé - avec un enchaînement absurdement rapide de situations qui naissent et se résolvent sans que l'on se sente aucunement impliqué, et de rebondissements absurdes (pensez seulement à la mort de l'oligarche russe, hilarante !) -, filmé comme un téléfilm moyen des années 90, et surtout terriblement mal interprété. On imagine bien d'ailleurs la souffrance que le tournage de "Occupied" a dû être pour ses acteurs, laissés à l'abandon avec une seule directive : réciter des textes sans intérêt en arborant EXACTEMENT la même expression durant l'intégralité des huit épisodes !

Quant au coup de théâtre obligé du dernier épisode, il n'a évidemment ni queue ni tête, ce qui nous laisse déprimés quant à la perspective d'une troisième saison...