Attaque des Clones

Avec des effets spéciaux notablement plus réussis que ceux de l'"Episode I", encore une fois réalisée entièrement en image digitale, cette "Attaque des Clones" (soit un titre particulièrement inepte...) avait marqué en 2002 un nouveau saut qualitatif au niveau technique. Le problème est que, entre des acteurs ridiculement figés (sans doute l'effet induit de la déréalisation du plateau de tournage !), une intrigue pour le moins confuse et qui nous devient peu à peu indifférente au fur et à mesure que le film se déroule et finit par se terminer par les inévitables scènes de bataille rangée sans enjeu émotionnel, ce second épisode de la saga "Star Wars" est au final un film à peine meilleur que le plat "la Menace Fantôme".

Lucas se révèle donc à nouveau incapable d'exploiter son scénario au potentiel non négligeable (jeux politiques, manipulation de l'information faisant malheureusement écho à des situations réelles, et bien sûr basculement progressif vers le mal du "personnage principal"...), comme de créer un minimum d'empathie vis à vis de ses personnages. Tout ce petit monde était probablement trop occupé à nouer trop de "fils narratifs" ensemble, prisonniers de la nécessité de préparer ce que le spectateur sait déjà de la fin de l'histoire... pour se préoccuper de faire du bon Cinéma !

Pourtant, quelque chose du plaisir naïf, voire enfantin qui sauvait de la médiocrité la première trilogie, renaît un peu lors de belles scènes d'action, et en particulier celle des jeux du cirque. Objectivement, il faut bien admettre que c'est avant tout le manque total de crédibilité de la naissance de l'amour entre Anakin (avec un Hayden Christensen en permanence à côté de la plaque !) et Padmé qui entraîne le film tout entier vers le fond.

Concluons sur une notre plus positive : la stérilité et la confusion de la dernière trilogie produite par la machine Disney a rendu a posteriori beaucoup plus sympathique ces trois premiers films. Malgré leur échec artistique quasi intégral, ils restent clairement animés par la volonté de raconter une vraie histoire à un public que l'on souhaitait enchanter, voire même faire réfléchir... Ce qui est quand même beaucoup mieux que ce qu'on nous propose de nos jours !