L Armée du Crane Couverture

Simultanément à la poursuite imprévue des aventures de Marvin et Herbert dans la série "Donjon Zénith", voici donc que Sfar et Trondheim ont décidé de nous gâter en nous offrant une nouvelle porte d’entrée dans leur univers ludique et multiforme. Sans doute conscient que le décalage entre le monde très classiquement « tolkenien » qu’ils nous proposent cette fois, avec orques et elfes à profusion, et le Donjon, ils ont donc choisi ironiquement de l’appeler "Donjon Antipodes", et de commencer cette nouvelle histoire au tome -10.000 : nous voilà clairement bien loin, et dans l’espace et dans le temps des personnages que nous avons appris à connaître, comprendre et aimer depuis 20 ans ! Et ce d’autant plus que les héros sont cette fois… des chiens !

Bon, admettons qu’il était plus simple de positionner cette nouvelle aventure sous la franchise Donjon que d’en créer une nouvelle, et n’en parlons plus… Car, et c’est là que tout cela devient très intéressant, "l’Armée du Crâne" est probablement l’une des plus belles réussites depuis longtemps de notre tandem terrible : les premières pages, présentant un curieux héros, violent, sanguinaire et… canin, sont pleines… d’une émotion à laquelle le Donjon ne nous a pas habitués, et sont à proprement parler extraordinaires. Même si tout le livre ne restera pas de ce niveau, il faut bien reconnaître que nous en aurons pour notre argent, entre une aventure très gore, de l’humour absurde et occasionnellement bien gras, et toujours ces excès d’émotion qui semblent bien caractériser cette nouvelle histoire…

Ce qui empêche toutefois "l’Armée du Crâne" d’être un véritable chef d’œuvre, outre certains raccourcis narratifs sur la fin accélérant sa résolution, c’est peut-être le dessin de Grégory Panaccione, qui fait le job, mais guère plus, et ne transcende malheureusement jamais le beau scénario qu’il illustre assez platement. La réussite de "Donjon Antipodes" pourrait bien dépendre donc du choix que feront (ont fait ?) Sfar et Trondheim : Panaccione est-il dessinateur résident, ou bien aurons-nous droit à une variété d’auteurs comme c’est le cas pour d’autres cycles du Donjon ?

A suivre, évidemment, et avec enthousiasme !