Scandale affiche

"Scandale" n'est pas un bon film, c'est tout juste un film "nécessaire", "inspiré de faits réels", c'est à dire la pire raison de faire du cinéma, on le sait bien... Mal rythmé - la description au pas de charge de l'univers toxique de Fox News en introduction prouve seulement que n'est pas Scorsese qui veut -, peu enclin à laisser assez d'espace à ses 3 excellentes actrices (seule Margot Robbie tire ici son épingle du jeu...), "Scandale" est bien trop occupé à nous livrer une démonstration clé en main de l'ignominie de Trump, de Fox et des conservateurs rétrogrades pour être un vrai bon film.

Pourtant, presque malgré son propos militant, quelque chose résiste ici et éveille notre attention : le charisme intact de l'immense John Lithgow, qui confère à son personnage une remarquable complexité contredisant le simplisme d'un hashtag forcément réducteur, mais aussi un certain réalisme dans la description lucide du manque total de solidarité entre les employés terrorisés, qui plus est entre ces femmes blessées, voire brisées par la culture du succès à laquelle elles adhèrent avec enthousiasme.

Plus que par la peinture d'un monde politique réactionnaire dont on connaît bien les travers abjects, "Scandale" nous intéresse en reconnaissant - malgré tout - que chacun d'entre nous reste de toute manière soumis à un système qui nous fascine autant qu'il nous dévore...