The Outsider

Cela fait donc un petit moment que Stephen King, qui doit, et c'est logique, avoir envie de se renouveler un peu, à force, tente le genre "polar". En y ajoutant, car on ne se refait pas complètement, une petite touche de fantastique. Et ça marche... plus ou moins, soyons réalistes. Car dans le polar, il y a quand même des pointures qui savent vous retourner la tête avev un brio que King n'atteindra sans doute jamais...

Bon, "The Outsider" s'inscrit dans la suite de la "série" Finders Keepers entamée avec "Mr Mercedes" et - donc - faussement bouclée par "End of Watch", même si le lecteur mettra un peu de temps avant de s'en rendre compte. Et puis la touche de fantastique devient carrément une louche ici... et c'est d'ailleurs bien le problème de "The Outsider" : la première partie est formidable, passionnante, entre montagnes russes émotionnelles et suspense implacable, jusqu'à ce que King rompe - en le claironnant bien fort - la règle de base énoncée par Sherlock Holmes : "éliminez l'impossible, il vous restera l'improbable", ou quelque chose du genre. Et la déception est sévère : on espérait un twist magistral explicant l'inexplicable, on a droit au surnaturel qui justifie à peu près n'importe quoi. D'où une seconde partie du film fastidieuse, pour laquelle on a perdu toute motivation, et qu'on lira largement en dilettante, jusqu'à un final il est vrai pas trop mal ficelé.

Bref, difficile de vraiment critiquer un livre qui offre quand même quelques vrais bons moments, et qui permet à King de continuer à faire ce qu'il fait le mieux, chroniquer la vie quotidienne d'Américains ordinaires, auxquels il sait toujours conférer une touchante humanité.

Il n'empêche qu'on ne peut s'empêcher d'espérer que Stephen King retrouve un nouveau souffle et nous offre à nouveau de vrais chefs d'oeuvre, comme sa longue bibliographie en contient déjà pas mal...