Anna affiche

J'ai trouvé comment regarder sans trop d'inconfort (et de rage...) les films de Luc Besson : bourré sur un vol transatlantique, sans la possibilité de s'échapper pour aller faire autre chose, sinon uriner le trop plein de vin blanc. Avec l'effet combiné de l'alcool et de la raréfaction de l'oxygène, on se sent beaucoup plus bienveillant, et on apprécie les choses simples, bêtes à la limite. Quand on débarquera à l'autre bout, on aura tout oublié ou presque, on pourra même attribuer la vague nausée qui nous reste à la mauvaise qualité du vin.

Parler de "Anna" ne présente aucun intérêt, si ce n'est pour déplorer que refaire "Nikita" en 2019 (donc en repiquant les recettes un peu pourries à tous les derniers blockbusters pas trop intelligents pondus par Hollywood ces dernières années...) signifie clairement pour Luc qu'il se moque complètement : 1) d'avoir écrit un scénario absurde, 2) de même diriger ses acteurs, 3) de l'accumulation risible d'invraisemblances, d'anachronismes et autres fantaisies quand même largement incompatibles avec la tenue d'un thriller d'espionnage crédible, voire même simplement divertissant. Du coup, la réponse du spectateur encore un tant soi peu concerné par le cinéma sera de se moquer complètement de continuer à voir les films de Luc Besson, au moins dans une situation "normale" (voir plus haut).

L'honnêteté me pousse à reconnaître que "Anna" est un peu moins mauvais que "Lucy", donc faites-en ce que vous voulez. Mais, par pitié, surtout n'oubliez pas votre bouteille de vin. Ou vos joints, si c'est plus dans vos goûts...