Ordre du Phénix

En 2007, à la sortie de cet "Harry Potter et l'ordre du Phénix", tiré du chapitre le plus indigeste de la série de J.K. Rowling, la première scène - franchement déroutante par rapport aux codes assez académiques des films antérieurs - laissait entrevoir ce que le regard neuf d'un jeune réalisateur issu de la télévision britannique comme David Yates pouvait apporter à la "franchise" cinématographique : hélas ! Il ne s'agissait que d'un leurre, et bien vite, la machine "hollywoodienne" imposait à nouveau son esthétique, convenue et saturée d'effets spéciaux, et son rythme totalement standardisé, bien loin de celui des livres.

Pourtant, le scénario du film, aussi confus et réducteur soit-il, arrive à la fois à évoquer avec un soupçon de profondeur le malaise existentiel adolescent ("personne ne me comprend, tout le monde me rejette"), et à incarner une intrigue moins spectaculaire - d'après les canons du blockbuster contemporain - et donc, quelque part, plus humaine. Les deux seuls points réellement positifs de ce 5ème épisode, c'est la justesse nouvelle des trois acteurs principaux, auxquels il aura donc fallu 4 films et 3 réalisateurs pour trouver leur rythme (...à moins que cela ne soit tout simplement une question de maturité...), et la peinture convaincante de la mise en place d'un gouvernement totalitaire et de son impact sur la vie quotidienne des gens (superbe interprétation d'Imelda Staunton, dans le plus beau personnage de "méchant" de toute la série de films !).

Le gros problème du film de David Yates, c'est évidemment sa dernière partie, sensée être la plus spectaculaire : or, malgré les décors soignés du Ministère de la Magie, et en dépit des enjeux du duel entre Voldemort et Dumbledore, de la disparition de Sirius Black et d'un premier combat à grande échelle entre sorciers, il est difficile de se passionner pour tout ça, tant le film manque alors de vie et de crédibilité.

Et cela n'allait pas s'arranger par la suite, malheureusement !