Chambre 212 affiche

En mettant en place un mécanisme que l'on situerait vaguement entre Bertrand Blier (sans la beauferie) et Raul Ruiz (sans la poésie ni l'étrangeté), Christophe Honoré change franchement de registre avec ce curieux "Chambre 212", dans lequel il se contente de mettre en scène un couple en crise divaguant entre regrets d'un passé perdu et hésitations devant un avenir incertain. Et dans lequel il aborde différentes hypothèses, qui lui permettent de convoquer dans un défilé souvent pesant, voire franchement ridicule, les mères, les grands mères, les amants et les maîtresses, voire même un enfant potentiel. Certains dialogues, vifs et enlevés, sont de fait très drôles, tandis que l'émotion réussit à effleurer de temps à autre : ces (demi-) sourires et ces (toutes) petites larmes que "Chanbre 212" nous arrache justifient néanmoins difficilement un dispositif aussi artificiel, aussi maniéré, pour finir par ne passer en revue que de pures banalités sur l'usure du sexe dans le couple, l'amour qui se transforme en amitié, le travail que représente la préservation d'un couple, etc.

Si l'on imagine que Biolay et Mastroianni ont pu se payer aux frais de la production une thérapie de couple, peu de choses de la "vraie vie" subsiste réellement à l'écran : Biolay (et Lacoste) sont tous deux très convaincants mais restent dans leur registre "engourdi" habituel, Camille Cottin nous séduit franchement, tandis qu'on peine un peu à comprendre ce qui a pu valoir à Chiara Mastroianni un Prix d'Interprétation, même si elle est effectivement charmante. Honoré parsème en outre son film de références personnelles, au Cinéma "les 7 Parnassiens", Ozon, etc., mais aussi, malheureusement, à la Musique (ce qui nous vaut de souffrir le martyre devant des citations de l'ineffable Aznavour ou la reprise au piano par Cottin d'une horrible scie de variétoche américaine dégoulinante), avec une sorte de complaisance qui ne nous prédispose pas à avaler un happy end improbable et d'une extrême platitude.

Une grosse déception de la part d'un metteur en scène qui nous avait habitué au meilleur.