2019 10 25 Adam Green Gaîté Lyrique (4)

21h20 : Adam Green déboule avec dix minutes d’avance sur le programme, ce qui traduit sans doute son impatience de profiter de ce set à Paris, qu’il prétend avoir « attendu de tout cœur… même si c’est un peu ringard de dire des choses comme ça ! ». La Gaîté Lyrique est vraiment bien pleine, mais ce qui étonne, c’est l’extrême enthousiasme manifesté par les spectateurs : une surprise qui est aussi celle d’Adam, qui va sembler passablement intimidé, voire déstabilisé par un accueil aussi triomphal (bon, il est possible que notre ami New-yorkais ait aussi abusé de certaines substances, car il a aussi un air un tantinet hébété !)… La merveilleuse Emily, en seconde position sur la setlist, a déjà fait exploser tous les compteurs de bonheur de la Gaîté Lyrique, qui n’a pas aussi bien porté son nom depuis des années… C’est d’ailleurs amusant de chanter tous ensemble des paroles comme « Jenny's got a mouth so full of pigeon's cum / On top a mountain made a bubblegum », typiques d’une époque où Adam aimait la provocation un peu gratuite.

On avait oublié combien Adam a un réseau d’amis artistes à travers le monde entier, et puis on découvre que le batteur de ce soir est Leo Bear Creek (ex-Coming Soon et demi-Pirouettes), et que le guitariste n’est ni plus ni moins que Ryder the Eagle, d’un coup beaucoup plus retenu et "professionnel" que lors de sa flamboyante prestation en ouverture de la soirée ! C’est assez étonnant d’imaginer Adam rameuter ses copains – qui connaissent quand même un peu ses chansons avant, on imagine - quand il arrive quelque part pour jouer avec lui, mais ça fonctionne visiblement très bien. Sans virtuosité excessive – ce n’est pas le sujet ! -, le groupe assurera parfaitement toute la soirée.

Un autre aspect original d’un concert d’Adam Green, c’est le manque total de professionnalisme de son comportement scénique : Adam danse comme un fou, en courant de droite à gauche et en sautant en l’air, à peu près comme il doit le faire quand il est tout seul chez lui, et c’est absolument délicieux. De toute manière, sa principale préoccupation est de venir tout au long de la soirée faire des "high fives" avec le maximum de personnes dans le public, pour notre plus grand plaisir.

2019 10 25 Adam Green Gaîté Lyrique (25)

Au fur et à mesure du concert, Adam se ressaisit de sa surprise initiale, et sa voix se raffermit, jusqu’à retrouver ses accents de crooner nonchalant "à la Leonard Cohen", ce qui nous vaut de beaux moments d’émotion. Il fait dire que la set list est un assemblage parfait de la plupart des meilleures chansons du répertoire d’Adam, même si chacun d’entre nous aura probablement attendu en vain l’une de ses favorites : on notera quatre chansons (seulement)de son dernier et excellent "Engine of Paradise", dont la formidable Escape from This Brain, et cinq titres de son fabuleux "Friends of Mine", mais également des extraits de chacun de ses autres disques… Le rappel se termine sur une version festive du classique de ses débuts, Dance with Me, qui est surtout l’occasion d’une invasion massive de la scène et de clore la soirée en dansant tous ensemble, comme si Adam nous avait invité chez lui pour faire la fête…

Il était ensuite possible de rejoindre Adam au stand de merchandising où il signait sa BD, "War and Paradise", mais vu l’empoignade pour aller féliciter notre héros, nous avons préféré ressortir directement de la Gaîté Lyrique avec dans la tête la mélodie enchantée de Jessica, et les paroles poignantes de We’re Not Supposed to be Lovers : « We're not supposed to be lovers / Or friends, like they'd have us believe / We're not supposed to know each other / Accept my apology… ».

Avouons-le, nous avions déjà hâte que notre pote new-yorkais Adam revienne nous rendre visite…