Joker affiche

Je suis donc allé voir "Joker" armé de toute la mauvaise foi du monde. Batman ? Un foutu enculé de super-héros qui participe activement à l'abêtissement des masses, avec une idéologie crypto-fasciste qui va bien à tout nos petits néo-cons. Todd Phillips ? Qui ? Ouaouaouaaaaaa ! (rire douloureux). Etc. etc.

Je suis ressorti deux heures plus tard de mon multiplexe habituel, qui sent le pop-corn et les pieds, sans même parler de l'odeur des toilettes, de plus en plus exotique, avec 1) des larmes plein les yeux - 2) des étoiles dans la tête. Un peu le même genre de sensations que quand, à quinze ans, j'ai vu "Il était une fois dans l'Ouest" et "2001 l'Odyssée de l'Espace" pour la première fois. Pas pour comparer ce film avec ceux de Leone ou Kubrick, non, bien sûr. Juste pour expliquer que je venais de vivre une p... d'expérience de Cinéma, une vraie, comme cela faisait pas mal d'années que je n'en avais pas vécue. Avec tout : le transport, les rires, les larmes (donc...), la douleur, l'extase. Le motherfucking Cinema dans ce qu'il a de plus ESSENTIEL comme Art, de plus PUR comme sensation.

Ma femme, psychologue, a tenté de m'expliquer combien la représentation de la folie était JUSTE ici, bien au delà de ce que les films montraient en général. Je me suis tu, parce que, ex-gauchiste violent mais repenti, je repensais plutôt au fait que j'aurais bien incendié les p... de voitures de police, grimé en gilet jaune, pardon, en clown. Et même mis une balle dans le buffet d'un p... de milliardaire, tant que j'y étais. Et que ça, c'était exactement ce que le GRAND Cinéma pouvait faire : me faire vivre mes pires cauchemars et mes plus beaux rêves. En même temps.

Et puis, je me suis souvenu que j'étais cinéphile, et que :

1) je ne pensais pas que 2019 pouvait m'offrir un plus beau film que "Parasite"
2) je n'osais pas croire que quiconque à qui on donnerait de l'argent pour faire un film ait pu retenir les leçons du Scorsese de "Taxi Driver" et de "King of Comedy".

Et puis je ne suis souvenu que j'étais un punk rocker, alors j'ai crié : "Rock'n'Roll ! Rock'n'Roll ! Et que Gary Glitter vous sodomise tous !".

Good night, ladies !