Free Iggy Pop

Rappelons-nous : la disparition de Bowie, et le flashback / hommage magique sur les "années berlinoises" concocté par Iggy Pop, avec l'aide du disciple Josh Homme, dans un "Post Pop Depression" qui devint sans trop de peine le sommet - avec "The Idiot" et "Lust for Life", logistiquement - d'une carrière solo pour le moins irrégulière. Rappelons-nous aussi : la tournée suivante de l'Iguane, accompagné d'un rare combo puissant et hargneux, lui permettant de tutoyer sur scène les cimes à nouveau, malgré une fatigue physique de plus en plus visible. Et puis revenons à aujourd'hui, avec ce "Free" qui nous ramène pitoyablement vers les pires dérives de sa trajectoire, entre chanson française visitée en touriste et tentatives abstraites mal gaulées. Lancé comme une déclaration d'intention, sur le refrain connu et usé du "j'ai décidé de ne faire que ce que j'ai envie" (comme si ça n'avait pas toujours été le cas !...), "Free" est un gloubi boulga à la fois insipide et indigeste (un comble !), à la surface duquel ne surnage évidemment que la voix radioactive de celui qui pourrait chanter le bottin et rester encore intéressant. 

Après une intro "honnête," qui pose les bases de ce qui va suivre, Iggy nous offre une bonne chanson ("Love's missing"), avec une certaine tension, qui fera dramatiquement défaut dans tout le reste...) et demi ("James Bond", l'une de ces plaisanteries un peu absurdes dont il a le secret). La suite hésitera sans pitié entre l'atroce ("Dirty Sanchez", et ses paroles grossières indignes de l'intelligence de l'Iguane) et le soporifique (jusqu'à la fin de l'album...). Iggy a visiblement confié les clés du camion à d'autres (Leron Thomas et Noveller...) qui lui ont pondu un jazz ambient à la mode mais littéralement informe, sur lequel il pose ses textes et sa voix en s'en foutant visiblement complètement. Tout cela est très vain, mais ne dépare finalement pas au milieu d'une bonne dizaine d'albums précédents à peu près du même acabit.

Mais vous savez quoi, Free ou Orange, nous, on sera toujours là devant la scène à la prochaine ressortie sur les routes du vieux fauve, ça c'est certain...