2019 10 03 MNNQNS Maroquinerie (19)

21h00 : le set de MNNQNS, très attendu par une Maroquinerie qui a fait le plein et est chaude comme de la braise, commence dans une ambiance solennelle et sombre, Marc martelant lentement, dans l’obscurité, son clavier avec une baguette, jusqu’à ce que le quatuor tout entier s’installe.

Trois musiciens longilignes à la posture impressionnante, à la beauté et à l’élégance “classiques”, pourrait-on dire : cheveux très longs, vêtements soignés, poses Rock qui semblent bien étudiées, il y a peut-être là un écho au nom du groupe, non ? Heureusement, le batteur, cheveux courts et style beaucoup plus pragmatique, qui va durant tout le concert conduire une bonne partie de la communication avec le public, vient ramener tout ce joli monde à la réalité. Et heureusement aussi, la relative rigidité de la musique de MNNQNS, perceptible déjà sur l’album, explose régulièrement quand les morceaux partent en vrille et que le groupe se laisse aller à la furie sur scène. Et enfin, le grand sourire d’Adrian vient souvent illuminer un visage à la beauté frappante, trop parfaite.

Ce set d’un peu plus d’une heure sera avant tout consacré à cela, qui correspond à la fameuse déclaration d’intention du groupe : « Ecrire la meilleure chanson du monde pour la saloper sans respect ! ». On ne dirait pas encore que les efficaces et jouissives Fall Down ou Desperation Moon, certes très accrocheuses, sont les meilleures chansons du monde, mais la manière dont MNNQNS joue avec les dissonances et les rythmes décalés, sans pour autant sacrifier l’accroche mélodique de refrains convaincants est réellement impressionnante… Même si c’est, répétons-le, quand le groupe pète littéralement les plombs qu’il devient vraiment passionnant.

2019 10 03 MNNQNS Maroquinerie (29)

Plus le concert avance, plus on sent que le set est en train de basculer vers la frénésie, et la belle froideur des débuts n’est plus qu’un souvenir. Le public est très, très chaud, ça se bouscule pas mal et le mosh pit a grossi au point d’envahir presque tout le parterre de la Maro. Mais c’est une reprise superbe du Totally Wired de The Fall – preuve de bon goût - qui va faire basculer réellement le concert. A partir de là, c’est à fond que les musiciens dévalent les derniers morceaux de la soirée, jusqu’à un final réellement grandiose, entre chaos sonique, plongeons dans la fournaise du mosh pit et destruction des instruments ! (Tiens, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu un bassiste exploser aussi sa guitare basse – pas la Rickenbacker, rassurez-vous à la fin d’un set !).

De vrais mercis, du fond du cœur et les yeux dans les yeux, de la part du batteur, et il est indiscutable que MNNQNS est un groupe engagé, sincère, et beaucoup plus explosif finalement que sa musique pourrait a priori le faire penser. Tout le public de la Maro semble baigner dans ce bonheur si particulier qui suit un concert Rock – un double, ce soir – parfaitement réussi, et c’est la foire d’empoigne au stand de merchandising.

Bien joué, les Rouennais !