The Spy affiche

Une mini-série (française ? israélienne ? américaine ?) d'espionnage inspirée de faits réels datant des années 60 (comment le Mossad a réussi à infiltrer les plus hautes sphères du gouvernement syrien en y plaçant un espion...), interprétée par le caméléon Sacha Baron Cohen et réalisée par le fameux Gideon Raff, responsable de la version originale de "Homeland", voilà qui excite l'intérêt au milieu du semi-marasme sériel actuel !

Malheureusement, même si "The Spy" s'élève sans trop de difficultés au-dessus du lot, elle ne convainc pas totalement. D'abord parce que le réalisme de la reconstitution historique à gros budget, très soignée, est gravement érodé par le choix incompréhensible (mais sans doute justifié par le casting largement anglo-saxon...) de l'utilisation systématique de la langue anglaise, avec accent grossier en supplément, rendant par exemple absurde l'étape à Buenos Aires dans un second épisode par ailleurs catastrophique. Ensuite parce que la série ne choisit jamais entre ses différents sujets possibles : entre le pur thriller, le biopic saisissant, les troubles d'identité, l'amour tragique (n'en jetez plus !), le scénario effectue en permanence des allers retours qui finissent par nous perdre. Enfin parce que Sacha Baron Cohen s'avère paradoxalement un mauvais choix pour un rôle sans doute trop proche de son image d'acteur-metteur en scène manipulateur de "Borat" ou "Brűno", à l'identité changeante, habile en mystifications : on s'attend en permanence à le voir partir en vrille dans l'un de ses fameux délires et on a du mal à adhérer à ses tourments et à ses doutes...

... Doutes qui constituent, dans la dernière partie de la série, la part la plus intéressante peut-être de "The Spy" : comme Eli qui est devenu Karim, on a appris à aimer l'ennemi syrien, et la plus grande tristesse du dénouement de la série réside dans ce sentiment de gâchis d'amitiés trahies.