Metronomy_Forever

Voilà, il faut bien le reconnaître, aussi douloureux que soit cet aveu pour quelqu'un qui place "The English Riviera" parmi les grands albums pop du siècle, "Metronomy Forever" est un échec sans appel. Oh, la démarche de Joseph Mount, qui va voir ailleurs si le futur de Metronomy n'y serait pas, est plus que louable après quelques années passées à décliner ses angoisses existentielles sur des mélodies délicieusement bancales et fragiles. Le résultat n'est par contre pas au niveau de nos attentes, ni bien sûr de l'arrogance - ou alors serait-ce du second degré ? - d'un titre bien mal choisi pour un album immédiatement oubliable. Sans une seule vraie réussite mélodique, alors que plusieurs titres ("Salted Caramel Ice-Cream", "Wedding Bells") commencent bien avant de s'enliser dans une vaine et épuisante répétition, "Metronomy Forever" joue la carte d'un retour aux sources purement électro du groupe, avec synthés en avant et beat électroniques qui bastonnent, mais sombre dans d'interminables passages "ambient" sans âme et une hétérogénéité déroutante.

On citera ainsi la contre-performance absolue de "Upset my girlfriend", seul morceau acoustique et traditionnellement "rock" de l'album, qui voit Joseph gâcher totalement l'intérêt de cette confession (?) misérabiliste, alors qu'on pressent qu'il y aurait eu là matière à une grande chanson sur l'échec... Ou encore l'insupportable "Sex Emoji", nadir indiscutable de l'album, qui rend parfaitement insupportable la recette de ce qui était jusqu'alors la marque de qualité de Metronomy, cette manière d'utiliser le "sucre pop" pour exprimer l'inconfort et l'incertitude.

Reste que les dernières prestations scéniques du groupe, puissantes et réjouissantes, contredisent le sentiment de "perte de la boussole", d'errance peu inspirée se dégageant de cette dernière production... et nous aident à conserver l'espoir : après tout, quel grand groupe n'a pas commis un mauvais album ? Pour Metronomy, c'est fait.