La Coupe de FeuOn a d'abord du mal à comprendre ce qu'un Mike Newell, à la différence d'un Cuaron, pouvait apporter à la franchise cinématographique "Harry Potter", si ce n'est un couche supplémentaire d'anglicité à des blockbusters globaux qui essaient toujours de paraître plus "british" qu'ils ne le sont vraiment. Et de fait, cette "Coupe de Feu", adaptation du quatrième - et par ailleurs excellent - livre de la série Harry Potter, ne brille pas par sa mise en scène, purement utilitaire, et au service du scénario.

Ceci dit, alors que l'adaptation du livre pouvait potentiellement poser aux scénaristes un certain nombre de problèmes, du fait de sa longueur, ainsi que de la complexité des intrigues secondaires, le scénario tient cette fois plutôt bien la route, même si c'est encore aux dépends de la partie "scolaire" que la réécriture s'est opérée : cette évacuation quasi totale des scènes d'apprentissage, si essentielles, on le sait, au charme des livres, donne quand même le sentiment que les élèves de Hogwarth ont passé leur année scolaire à participer ou assister à ce fameux concours international de sorcellerie, mais passons...

Ce qui est intéressant, c'est que cet "Harry Potter et la Coupe de Feu" voit la noirceur du monde envahir l'univers enfantin des élèves-sorciers, alors même que l'adolescence commence à les tourmenter. Le résultat est que le film alterne non sans systématisme des scènes typiques des comédies ados sur l'éveil des sentiments (et des sens...), et des scènes d'action ou de suspense assez sombres, voire sinistres, se distinguant par là-même de l'ambiance "merveilleuse" des chapitres précédents.

Portons au crédit du film la réjouissante interprétation du toujours impeccable Brendan Gleeson, et la nette amélioration des effets spéciaux. Côté problèmes (récurrents dans la série) : le manque de talent latent de la plupart des jeunes acteurs, qui s'améliorent à peine ici (Emma Watson commence à sortir du lot, ce qui est logique), mais surtout le relatif manque de conviction, ou plutôt d'intensité qui se dégage de l'ensemble du film, restant encore et toujours une illustration trop appliquée d'une "œuvre" littéraire hors du commun, et qui aurait méritée d'être un peu moins respectée et un peu plus chamboulée...