2019 08 25 Foals RES J3 Parc St Cloud (2)

21h00 : On a patienté une bonne heure et demie devant la Scène de la Cascade pour être sûrs d’être idéalement placés à la barrière pour profiter de Foals qui, n’en déplaise à une frange de rockers qui refuse obstinément d’accrocher à sa musique aussi dansante qu’enragée, n’est pas loin de ce qui se fait de mieux scéniquement en 2019. C’est d’ailleurs un peu scandaleux d’avoir relégué un groupe aussi exceptionnel à la Cascade, mais faisons contre mauvaise fortune bon cœur : nous sommes dans des conditions idéales pour profiter d’un set qui va s’avérer tout simplement l’un des meilleurs que nous aurons jamais vus de ce groupe. C’est bien simple, Foals a absolument tout : des chansons accrocheuses qui font remuer les jambes mais aussi cogiter, des musiciens brillants, un leader charismatique qui est une redoutable bête de scène. Et en plus, aujourd’hui, Foals a LA RAGE. Dès l’intro incroyable sur On the Luna, et jusqu’au final traditionnellement math rock de Two Steps, Twice, avec son basculement final dans une hystérie irrépressible, Foals a volé ce soir à des hauteurs stratosphériques, bien au-dessus de tout ce qu’on peut entendre actuellement dans le Rock. Souvenons-nous que nous avons chanté en chœur de joie sur My Number, que le seul morceau qui nous a permis de reprendre un peu notre souffle (un « breather » a dit Yannis) a été le crescendo sublime de Spanish Sahara, et que la nouvelle chanson, Black Bull, extraite du nouvel album à venir, nous a semblé encore plus enragée que le reste !

Bien sûr, Yannis Philippakis est limité dans ses acrobaties par la topographie d’un festival : pas possible de sauter du balcon, ni de passer son temps à surfer sur les bras tendus de ses fans. Il lui reste à venir régulièrement au contact du premier rang, et à nous haranguer pour que nous ne retombions pas en dehors de l’atmosphère de délire extatique qu’il a su créer dès les premières minutes. Oui, Yannis a clairement la rage, et son seul discours sera des plus clairs : « Fuck Brexit ! Fuck Brexit (oui, deux fois) ! Fuck Johnson, Fuck Trump, Fuck Bolsonaro, Fuck Putin ! ». Autour de nous, nous voyons surtout des jeunes, qui sont dans la folie complète et dans le plaisir total, et ça, c’est rassurant : même si l’on sait bien que la Musique ne change pas le monde – ou du moins pas aussi vite qu’on le voudrait -, exprimer une telle colère et un tel enthousiasme en dansant, c’est forcément quelque chose de positif. De révolutionnaire, même...