2019 08 25 Deerhunter RES J3 Parc St Cloud (14)

18h50 : On a traîné un peu pour récupérer la setlist de The Murder Capital, du coup on manque les dix premières minutes du concert de Deerhunter. Dommage, même si trouver une place à la barrière n’est pas trop difficile devant la Scène de la Cascade : Bradford Cox est très impressionnant avec un look féminin désormais totalement assumé : rouge à lèvres, ongles peints, bijoux, chemisier, pantalon et mocassins « pour femme », Bradford semble superbement à l’aise avec son image transgenre, et paraît même moins handicapé par sa maladie. Il chante formidablement bien, alternant numéros de charme souriants, et furie rock’n’roll. Si le dernier album, Why Hasn't Everything Already Disappeared?, nous avait plu mais un peu inquiété avec son insistance sur les claviers, Deerhunter continue sur scène à être un groupe avec des guitares qui font du bruit, et c’est très bien comme ça. Les nouvelles chansons sont clairement plus structurées, plus listener-friendly, que les anciennes (on sait que Bradley rêve d’un succès à la R.E.M. pour son groupe…), mais on voit bien que, au-delà des fans qui sont aux anges, le « grand public » ne suit pas forcément : pas mal de spectateurs quittent la fosse au fur et à mesure que le concert progresse. C’est peut-être logique, vu la singularité du groupe et de son leader, mais c’est dommage. Bradford Cox a pourtant construit une setlist qui fait la part belle à Halcyon Digest, l’album de Deerhunter qui s’est le mieux vendu en France, mais son concert sépare clairement les fans des autres… Cinq minutes avant l’horaire prévu, Bradford jette l’éponge (en fait, il laisse tomber son micro !) après un beau final bruitiste comme on aime. Il nous laisse tous, nous qui l’aimons, un peu orphelins. Espérons qu’on le reverra bientôt.