Hobbs and Shaw afficheIl n'y a pas de bon été sans un bon vieux blockbuster bien stupide et bien... jouissif, avouons-le. Car il y a toujours une de ces journées un peu trop chaudes et un peu trop vides où l'envie nous prend de nous réfugier dans une salle proprement climatisée avec le cerveau en mode "off", juste pour voir l'un de ces films qui sont du pur divertissement, sans pour autant trop nous sentir humiliés de devoir renoncer à certains principes de base qui gouvernent notre existence le reste de l'année...

Pour le coup, forcé d'exclure les films de super-héros, qui me rendent physiquement malade de rage et offensent précisément tout ce qui me reste de croyance à mon âge, je me suis rabattu sur ce "Hobbs & Shaw" en faisant très fort l'impasse sur la partie du titre qui disait "Fast & Furious", puisque je suis complètement insensible aux soi-disant charmes de cette franchise, une fois passé le premier volet. Après tout, Jason Statham m'a toujours été furieusement sympathique, anglophilie oblige, et il y a au générique l'éblouissante Vanessa Kirby, ma petite / grande faiblesse, l'actrice qui m'a fait le plus d'effet ces dernières années lorsque je l'ai découverte dans la série "The Crown". Oui, "Hobbs & Shaw" serait donc mon petit péché de cet été...

Et savez-vous ?... eh bien, deux heures et demi plus tard, je ressortais complètement ravi du multiplexe où j'avais enterré ma matinée, et riant encore de ces excellentes plaisanteries sur la dernière saison de "Game of Thrones" (ne pas manquer, surtout, la scène post-générique avec un Ryan Reynolds hilare dissertant sur Jon Snow !). Oui, car "Hobbs & Shaw" fonctionne impeccablement sur la base d'un duo de machos en rivalité permanente, devenant un trio grâce au rôle pivotal de la sublime Vanessa : ça bastonne et surtout ça vanne méchant, tout baigne. Sur un scénario incohérent plus proche de celui d'un mauvais James Bond de l'époque Roger Moore, David Leich nous sert à la louche une invraisemblable accumulation de scènes spectaculaires totalement WTF, qui nous font régulièrement pousser de grands cris d'admiration et de joie enfantine. Signalons aussi que Idris Elba est un impeccable Terminator / Black Superman, parfait bad guy lui aussi en complète alchimie (négative) avec le trio de héros.

S'il y a un bémol dans notre plaisir devant cette remarquable construction de bêtises absurdes (et régulièrement hilarantes, je le répète...), c'est l'insistance des scénaristes à ramener sur le tapis, dans la dernière demi-heure du film, les niaiseries larmoyantes qui plombaient déjà "Fast & Furious" sur l'importance de la famille, etc. C'est néanmoins peu de choses, et ça ne gâche finalement pas grand chose.

Maintenant, il nous reste à faire le voeux - qui bien entendu ne se réalisera pas - que cette improbable réussite ne donne lieu à aucune suite qui viendrait obligatoirement souiller le bon souvenir qu'on gardera de "Hobbs & Shaw*", NOTRE blockbuster de l'été 2019.

Allez, maintenant, j'ai besoin d'un bon panaché bien frais, et la journée sera parfaite...