Le Roi Lion affiche

Je déteste profondément "le Roi Lion", l'un des films qui a le plus clairement défini les contours de l'Empire du Mal qu'allait devenir la maison Disney, film incompréhensiblement adulé par des générations entières. Plagiat sans vergogne d'une oeuvre du merveilleux mangaka Tezuka, apologie fascisante du pouvoir héréditaire, massacre de la musique africaine transformée en bouillie pour mioches décérébrés, etc., tout est haïssable dans ce véritable étron.

La manie stupide mais ô combien lucrative de Disney de refaire paresseusement des copies en CGI de ses "classiques" (long gémissement douloureux) nous a déjà valu une nouvelle collection de déjections : entre l'atroce laideur du "Livre de la Jungle" et la bêtise absolue de "la Belle et la Bête", mon expérience personnelle de ces "machins" informes et infâmes n'était pas allée plus loin... Mais le bonheur d'être papa suppose quelques sacrifices, et je me suis ainsi retrouvé avec ma fille agrippé aux accoudoirs de mon siège prêt à subir les derniers outrages. Le sac de M&M's sur mes genoux et la perspective de réussir au moins à piquer un petit roupillon dans la clim pour digérer mon Chicken Madras me paraissait la seule perspective réjouissante dans toute cette histoire.

Je n'ai pas été déçu.

Ce "film" permet de faire le point sur l'avancée technologique en matière d'image "artificielle", et confirme que ces "progrès", s'ils nous estomaquent aux mains d'artistes comme la "bande à Pixar", ne sauraient transformer le plomb en or. Passé les 3 premières minutes d'étonnement, tout ce photo-réalisme ne génère absolument rien, hormis la certitude accablée que la disparition proche de tout notre écosystème passera presque inaperçue, puisque nos rejetons pourront toujours contempler éternellement tous ces gentils animaux, mis en scène par les Jon Favreau de leur époque, s'ébattant mollement dans un univers à la fois dictatorial et aseptisé que ni Philip K Dick ni George Orwell n'avaient tout-à-fait réussi à imaginer.

Ce "film" permet aussi de lire clairement combien, au même titre que les Marvelleries communes et les Star Warseries du même tonneau (encore des produits de l'Empire du Mal...), le "cinéma" de divertissement contemporain, que l'on ne saurait plus qualifier de 7ème Art tant il est désormais une insulte à tous les autres, est devenu une aberration totale. Une photocopieuse en folie, pilotée par une inintelligence artificielle mauvaise, produisant à la chaîne des objets sans vie, contribuant à l'abaissement du QI de nos enfants. Hakuna Matata !

PS : Ceux qui, comme moi, ont la chance d'avoir vécu en Afrique, savent combien les paysages glorieux de ce continent n'ont rien à voir avec ceux sortis de l'imagination limitée de MM Favreau et consorts. Cet échec flagrant à créer une "vraie" beauté qui puisse espérer rivaliser avec celle de notre monde - même de ce qui en reste - est à la fois consternant, mais également une raison d'espérer. Car le "cinéma", ce n'est PLUS la vie.