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Nous sommes quelques-uns à avoir un rapport fort avec les Irlandais (du Nord…) de Two Door Cinema Club, qui a commencé dès leur premier (et explosif) album, Tourist History en 2009, sans doute parce que nous les voyions capables de reprendre le flambeau si fièrement brandi par leurs plus brillants compatriotes, nos chers Undertones, trente ans plus tôt (trente ans !) : nous avons aimé retrouver cette capacité à intégrer des mélodies irrésistibles dans des galopades de guitares, à faire chanter le cœur et bouger les hanches en même temps, et nous avons apprécié l’originalité de la voix de fausset d’Alex Trimble (ce n’était pas Feargal Sharkey, on vous l’accorde, bien entendu…).

A partir de là, les choses sont devenues plus difficiles : le second album, Beacon, a souffert en plein du « syndrome du second album », tandis que le troisième (Gameshow) voyait Two Door Cinema Club s’aventurer franchement vers une sorte de funk très poli, trop middle-of-the-road sans doute, témoignant plus de la nouvelle obsession d’Alex pour Michael Jackson et Prince que d’un véritable relancement du groupe vers de nouveaux horizons.

C’est donc à ce nouvel album, False Alarm, qu’incombe le rôle de marquer la renaissance d’un groupe déjà un peu usé, et au succès populaire décroissant contrastant avec ses tentatives de proposer une musique toujours plus commerciale. False Alarm se pose comme une vraie rupture dans la carrière du groupe, optant pour une synth-pop / dance-pop très 80’s (on entendra même à un moment des échos de Heaven 17 !), portée par une image excessivement travaillée, à la fois farfelue mais raffinée, surprenante de la part de musiciens jusque-là « sans image », justement. Toujours à la limite de la caricature – ou tout au moins nourrie d’un second degré aimable qui fait assez plaisir à entendre / voir – la musique de Two Door Cinema Club frise désormais une surprenante excentricité, soit un trait de caractère qu’on ne leur aurait pas concédé. La production du fidèle Jacknife Lee est à l’avenant, à la fois colorée, synthétique et énergique, soutenant parfaitement des chansons qui – et c’est là le gros point positif de False Alarm – sont sans aucun doute les meilleures depuis Tourist History

Si l’album, tout pop et chatoyant qu’il soit, nécessite plusieurs écoutes pour vraiment séduire, c’est qu’il peut avoir au premier abord un aspect outrageusement vintage et trop « glorieusement superficiel », accentué par ces vidéos stylisées et ces gimmicks de marketing qui l’accompagnent. Au fil des écoutes, la qualité des mélodies – entêtantes à l’excès – s’impose, et « garantit la satisfaction » : Talk, Satellite, le formidable Dirty Air, et, reconnaissons-le, la majorité des titres de False Alarm sont de très jolies réussites pop, qui nous redonnent confiance en ce groupe qui mérite pleinement une seconde carrière, après le coup de fatigue de l’album précédent et des performances live moins enthousiasmantes.

On sera fin août à Rock-en-Seine pour juger si cette surprenante métamorphose se matérialise aussi efficacement sur scène !