La Casa de Papel 3 poster

Alors, cette troisième partie ? Difficile d’en parler sans spoiler, ce qui serait quand même dommage. Eh bien, pour ne prendre aucun risque, les scénaristes en surchauffe ont copié à l’identique le principe des deux premières parties : ils ont imaginé une deuxième attaque, cette fois contre la Banque d’Espagne et ses réserves d’or, avec pour objectif suprême de libérer Río tombé aux mains du gouvernement et torturé dans une base secrète type Guantanamo. Les détails délicieux et absurdes de ce deuxième cambriolage colossal ne sauraient être découverts qu’au fil d’épisodes constamment survoltés, comme il se doit… en laissant un peu de côté cette fois les passages « émotionnels » qui étaient la pire faiblesse de la série, jusqu’aux derniers épisodes où l’on retombe un peu dans ces travers pénibles. Rien de nouveau donc dans le scénario, les invraisemblances sont elles aussi colossales, mais le suspense est ininterrompu, et l’addiction garantie, et ce d’autant que les dialogues sont une fois encore formidablement hilarants, capturant impeccablement la volubilité castillane et le goût impossible de cette belle langue pour les insultes les plus sordides et les jeux de mots les plus crapoteux (Pour les fans de l’espagnol latino, précisons que "la Casa de Papel" intègre cette fois un nouveau personnage truculent, un Argentin, ce qui nous vaut également une réjouissante utilisation de l’idiome local !).

S’il y a une évolution dans cette troisième partie – mis à part le fait non négligeable que les cliffhangers pourris sont désormais réduits à la portion congrue –, c’est que "la Casa de Papel" intègre en un geste presque « meta » sa popularité au cœur même de son scénario, et assume une position plus clairement « antisystème » : difficile de ne pas y voir une démagogie frôlant le cynisme de la part d’une machine aussi clairement capitaliste que Netflix, mais on peut sans doute aussi accepter que "la Casa de Papel" prenne note de la haine populaire grandissante envers les politiciens, les banquiers et le système policier qui les protège et n’hésite plus pour cela à faire usage de la force la plus extrême. Même en reconnaissant toute l’ambiguïté d’un tel discours, il s’agit là d’une nouvelle coloration intéressante de cette troisième partie, qui se termine d’ailleurs de manière particulièrement dramatique, pessimiste, voire accablante… mais nous laisse surtout délicieusement suspendus, dans l’attente de la quatrième (et dernière ?) partie.