Mary Fleur Sorcière Affiche

Le fait que "Mary et la fleur de la Sorcière" soit un film aussi moyen - pas désagréable, pas complètement raté, entendons-nous bien ! - pose la question profondément féconde de la nature du génie. Car voici un copié-collé appliqué et compétent de l'univers de Miyazaki, une mise en oeuvre compétente des techniques du Studio Ghibli par un ex-élève du maître qui ne débouche au final que sur un ersatz vain, gentil divertissement qui ne ravira que les enfants de moins de 8 ans.

Hiromasa Yonebayashi a donc fondé sa propre structure, les Studios Ponoc, pour clairement poursuivre le travail de Miyazaki, ce qui ne peut que réjouir les millions de fans à travers la planète du vieux génie de l'animation. Avait-il pour autant besoin de reprendre dans son scénario paresseux le personnage de "Kiki la petite sorcière" et son chat, l'univers flottant et les combats du "Château dans le Ciel", l'onirisme du "Château Ambulant", le basculement dans un univers "parallèle" de "Chihiro", etc. ? D'attirer le public enfantin international en lui laissant vainement espérer un monde "à la Harry Potter" ? La beauté du graphisme dans un style "100% Ghibli" et la personnalité de son héroïne rousse permettent au film de se regarder sans ennui, mais l'incapacité de Yonebayashi à faire aboutir son scénario maladroit autant qu'à lui conférer une vraie profondeur condamne le film à compter surtout sur son rythme effréné, des plus modernes.

On sauvera quand même la scène fougueuse de l'évasion des animaux, la seule à vraiment nous emporter dans cet univers fictionnel désincarné, mais on déplorera finalement surtout l'absence de cette merveilleuse "respiration", qui confère aux chefs d'oeuvre de Miyazaki ce sentiment unique d'éblouissement, de sagesse et... d'éternité.