Zombi Child affiche

Je sais que l'obscénité de son inacceptable romantisation du terrorisme dans le répugnant "Nocturama" a banni pour moi le clown Bonello du registre des cinéastes dignes de considération, mais souhaitant rester objectif, j'ai voulu tenter une nouvelle approche de son cinéma à l'occasion de la sortie de son "Zombi Child". Mal m'en a pris, car si j'ai retrouvé sans surprise le marais putride de l'idéologie douteuse du super bo-Bonello, je n'ai même pas eu droit cette fois au moindre intérêt "purement cinématographique".

Mêlant une critique facile des élites françaises post-colonialistes et une vision folklorique de Haïti, fondamentalement raciste dans sa limitation de la peinture d'un pays en souffrance à des oripeaux surnaturels, Bonello a encore une fois tout faux. Son "message", pour peu qu'il en existe un dans le marigot de son cerveau, se perd dans l'ennui et la confusion créés par un scénario aux abonnés absents, reposant sur un va-et-vient sans queue ni tête entre deux temporalités et deux récits que rien ne viendra vraiment relier, au de là d'une soi-disant filiation qui a bon dos. Par là-dessus, notre pitre d'auteur s'amuse à souiller la pureté de ses "lycéennes bon chic bon genre mais perverses" en leur mettant dans la bouche les gros mots d'un quelconque rimeur à la mode : à ce niveau de cliché - et sans même parler de l'apparition dans les sous-bois d'un amoureux "sexy" - il vaut certainement mieux en rire…

Là où l'on ne rit plus, c'est quand, après nous avoir torturés avec des plans interminables de papi-zombi déambulant dans la campagne, filmé dans une nuit américaine grisâtre et abjecte, puis tenté de nous stimuler avec des inserts gore et une scène de cauchemar cannibale ne rimant à rien, Bonello décide de jouer son va-tout et de récompenser son audience (qui a désormais sombré dans un état comateux) avec 10 minutes de "genre fantastique" : cela nous vaudra un final grand guignolesque digne des grandes séries Z italiennes des années 60. Arrive enfin le générique de fin qui nous informe sur la pérennité de la zombification en Haïti, achevant ainsi de prouver que 1) Bonello n'avait vraiment aucune idée de ce qu'il voulait nous dire 2) il n'y a vraiment aucune limite à l'impudeur de ce genre de cinéma "foutage-de-g..."

Déplaisant, ennuyeux, pauvre techniquement, mal écrit, et surtout infiniment arrogant, le cinéma de Bonello atteint avec ce "Zombi Child* une sorte de nadir du cinéma d'auteur. Dans 10 ans, soit ce film sera totalement oublié, soit on le montrera aux apprentis cinéastes comme exemple de ce qu'il ne faut pas faire.