Nous_finirons_ensemble afficheOn n'a pas forcément envie d'écrire grand-chose sur ce pathétique "Nous finirons ensemble", son compte ayant déjà été bien réglé par la vaste majorité des critiques "officielles". Si ce ratage complet mérite qu'on y revienne, c'est parce qu'il semble prendre le chemin d'être un vrai succès populaire, alors qu'il est politiquement - et moralement, aussi - en décalage complet avec les préoccupations actuelles du peuple français, telles qu'elles se manifestent autant dans les derniers soubresauts des Gilets Jaunes que sur les réseaux sociaux. On assiste en effet ici à une glorification éhontée du bonheur de faire partie de ceux qui réussissent, et qui même menacés dans leur confort par de mauvaises décisions en termes d'investissements, continuent impunément à faire la fête entre amis, à mépriser et virer les gens "ordinaires" (la scène du stationnement, et celles nombreuses de la baby-sitter, sont absolument honteuses), et ne s'inquiètent pas plus que ça du naufrage de leurs bateaux ou de la pression des banquiers. On croit rêver devant tant de désinvolture de la part de Guillaume Canet et de sa bande de "potes", mais on est surtout hébété par le fait que les gens dans les salles de cinéma rient devant tant de saloperie.

Sinon, il est inutile de répéter que le film est techniquement inepte (c'est souvent le cas chez Canet) : mal écrit, mal filmé, mal monté, mal interprété en général (un comble avec un casting pareil). Il n'y a guère que le personnage joué (maladroitement, là aussi) par Laurent Lafitte qui, allant du côté du burlesque, relève un peu le niveau. C'est d'autant plus rageant que le sujet de la déréliction de l'amitié avec l'âge, tel que les dix premières minutes du film semblaient le dessiner, aurait mérité un vrai traitement.