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La seconde saison de "The Crown" s'avère contre toute attente encore supérieure à la première, à la fois plus riche en moments d'émotion (contenue, bien entendu, nous sommes quand même ici dans la haute société anglaise du tout début des années 60 !) et plus extraordinaire dans la manière dont elle nous fait découvrir ou redécouvrir des moments-clés de l'histoire du Royaume Uni : l'affaire du Canal de Suez, la "rébellion" pro-soviétique du pouvoir ghanéen en pleine guerre froide, l'affaire Profumo... La diversification des thèmes déroute d'abord un peu, l'effacement de la femme derrière "la Couronne", qui était le grand thème de la première saison étant désormais consommé : chaque épisode ou presque devient un petit film d'une heure avec son sujet, son scénario, voire sa mise en scène particuliers. Ce pourrait être la limite de l'exercice pour cause d'éparpillement, cela devient un atout tant à chaque fois, la magie opère, et dans des registres différents. Les épisodes les plus extraordinaires sont sans doute ceux sur la modernisation de l'image de la Reine après un discours calamiteux, sur la rencontre littéralement bouleversante avec Jackie Kennedy, et bien sûr la relation torride mais malsaine entre la Princesse Margaret et le scandaleux et bohème photographe Armstrong-Jones. L'avant-dernier épisode, superbe, tranchant avec le reste, nous plonge dans l'enfance du Prince Philip et ses origines allemandes et nous vaut un flasback glaçant dans l'Allemagne nazie, tout en évoquant en parallèle la difficile éducation d'un Prince Charles trop sensible, trop rêveur pour répondre aux attentes de son père et, on s'en doute, à son destin (non réalisé, nous le savons aujourd'hui) de futur monarque.

Mais s'il faut retenir un thème de cette seconde saison, c'est celui de l'amour entre Elizabeth et Philip, qui ouvre et referme la saison avec les moments les plus intenses (le voyage autour du monde de Philip, son implication - avérée ? - dans l'affaire Profumo), un amour étouffé par le carcan des personnages que chacun doit jouer, mais qui palpite encore : plus que celle de Claire Foy, parfois un peu embarrassée dans son application à reproduire le plus justement possible les mimiques de la véritable Reine Elizabeth II, c'est l'interprétation vibrante de Matt Smith qui fait basculer "The Crown" vers l'excellence.

Pourvu que la troisième saison, annoncée avec un casting différent, ne vienne pas gâcher tout cela, "The Crown' restera probablement l'une des toutes meilleures séries jamais produites par Netflix.