2019 02 18 Yak Maroquinerie (15)

22h00 : … sauf que Yak, eh bien, ils ont une martingale imparable : un public bien plus jeune, et plus féminin, qui va porter le groupe à bout de bras et lui faire un triomphe. Troisième trio guitare / basse / batterie de la soirée, troisième claque : décidément l’Alligator a eu la dent creuse quand il a pondu la programmation de ce soir. Bon, peut-être une claque un peu moins assourdissante que celle des Schizophonics, mais un beau, beau moment de puissance live quand même. Il n’est pas évident de cataloguer la musique de Yak, ce qui est évidemment une bonne chose, mais si l’on essaie, on peut parler de heavy blues led zeppelinien, de transe mancunienne à la Stone Roses, de grunge déstructuré ou de psychédélisme expérimental et électronique… Ce qui ne fait évidemment aucun sens, surtout sur album où l’aspect assez déconstruit des chansons déroute un peu : sur scène, par contre, l’incroyable énergie du groupe, et en particulier de sa section rythmique surpuissante, a un impact sidérant sur le public. Après une intro sous forme de bidouillages électroniques, il suffit de deux minutes de Heavens Above pour que la Maro bascule dans la frénésie : pogo général, crowd surfing, c’est parti pour cinquante minutes très, très agitées.

Oliver Henry Burslem, vêtu de manière improbable d’une sorte de pyjama de satin blanc, pieds nus, à une allure d’ange avec ses boucles blondes et son grand sourire chaleureux : on comprend facilement la haute densité de jeunes femmes dans la salle ! Décontracté, un peu ironique, il sait néanmoins faire monter la tension d’un solo de guitare rageur, ou en poussant sa voix jusqu’au cri, et surtout en encourageant les slammers : « Good behaviour, good behaviour ! ». Une vraie graine de star, si ce n’était les passages assez malaisants où la musique de Yak se ralentit, s’essaie à des mélodies difficilement discernables, vire à la psalmodie pas toujours très inspirée. Bref, le set de Yak aura un profil de montagnes russes, avec des décollages hystériques magnifiques – qui justifient l’excellente réputation scénique du groupe – et des creux passablement creux, où la tension retombe, et où certains s’ennuient (moi, par exemple), pendant que les autres en profitent pour recharger les batteries avant le prochain pogo infernal.

A la fin, Oliver organise le chaos dans un mosh pit furieux, puis fait une longue promenade sur les mains de ses fans – un crowd surfing dont il me semble bien que certaines fans ont profité pour l’embrasser. Les instruments à peine posés à la fin de Hungry Heart, voilà Oliver qui descend dans la salle, une guitare acoustique à la main, nous annonçant qu’on va poursuivre ça dehors ! Sympa… sauf que l’étroitesse de l’escalier par rapport au nombre de personnes dans la salle fait que, le temps que j’arrive dehors, le set acoustique dans la cour intérieure de la Maro se termine…

Pas grave ! J’ai le sentiment ce soir d’avoir vécu trois concerts parfaits, chacun dans leur genre : énergie et virtuosité avec Howlin’ Jaws, folie furieuse avec The Schizophonics, et puissance de feu avec Yak. Trois facettes du Rock bruyant et violent dans tous ses états. Trois raisons de continuer à y croire.