2019 02 18 The Schizophonics Maroquinerie (29)

20h55 : ... sauf qu'on n'a encore rien vu… Parce qu'en quatre décennies de concerts plus ou moins extrêmes, je ne crois pas avoir déjà vu quelqu'un comme Pat Beers. Imaginez Iggy Pop en 1969 avec une guitare et beaucoup, mais beaucoup plus énervé, et vous serez encore loin du compte. 35 minutes de rock made in Detroit - sauf que The Schizophonics... viennent de San Diego au XXIe siècle, ce qui est à proprement parler inconcevable. 35 minutes de chansons impeccables destroyées par une section rythmique furieuse, sur laquelle une guitare et une voix soul hystérique, en combustion permanente, viennent nous rappeler à l'ordre : le Rock, c'est ça et tout le reste n'est qu'une pâle imitation pour les timides et les frileux. 35 minutes de roulades, de grands écarts, de micro qu'il se prend dans les dents (ouille !), de retours qu'il se prend dans les reins (aie !)... à se demander comment il fait, Pat, pour survivre à chacun de ses sets. Et même pour tenir 35 minutes comme ça. En 1977, les punks allaient moins vite que lui, et ils ne pouvaient jouer que 20 minutes. Ce mec est un super héros, le croisement impossible entre un kangourou et un derviche tourneur. Et ça fait apparemment 10 ans que le groupe existe : on n’ose pas penser à l’état de ses rotules et de sa colonne vertébrale… Sans même parler du plus important quand même, de cette musique typiquement garage – guitare en fusion et sonorités soul, donc – mais avec un goût pour l’extrême qui évoque en effet la Fun House stoogienne ou les harangues enflammées du MC5. Bref, si les Schizophonics passent près de chez vous, allez-y de toute urgence, vous non plus n'aurez jamais vu un performer de ce calibre, avec en plus une excellente musique qui vous récurera les oreilles jusqu'au fond. En avant-dernier titre, Pat nous annonce un Something's got to give qui nous offre l'extase destroy absolue. Après the Schizophonics, l'herbe ne repousse plus. Bonne chance à Yak : à 21h30, je n'arrive pas à imaginer comment ils vont faire pour passer après une telle tornade.