2019 01 25 The Dandy Warhols Olympia (7)21h10 : un peu de retard pour notre quatuor strange, le public s’impatiente, et puis ils sont là : The Dandy Warhols, toujours les mêmes – même s’il me faut un bon moment pour reconnaître Peter Holmström derrière un rideau de cheveux et sous un chapeau enfoncé jusqu’aux yeux – même si les années commencent à peser sur eux aussi. Courtney Taylor-Taylor a pris un léger embonpoint et ressemble plus aujourd’hui à un (presque) vieux sage indien qu’à une icône gay à la Joe Dalessandro, auquel il faisait penser ; Zia McCabe, toujours rondelette, se dévoile ce soir sous un t-shirt à rayures que Courtney présente ironiquement comme une tenue de marin français (euh, je crois qu’il pense à JP Gauthier !) ; à la batterie, Brent DeBoer n’a plus son imposante coiffure afro et son look seventies, mais reste le batteur charismatique qu’on aimait. Les musiciens sont comme toujours plus ou moins alignés – pas de position de “leader” pour Courtney ! – et bien en retrait par rapport au bord de la scène, une sorte de recul que j’ai toujours trouvé curieux, mais qui finalement traduit bien l’aspect légèrement décalé et délétère de cette musique qui refuse la frontalité pourtant essentielle à l’extase rock’n’rollienne.

Le set commence de manière étonnante, mais vraiment remarquable, avec un titre très mesuré, très construit, où l’électronique mène la danse, mais où la cohésion musicale et la maîtrise technique – eh oui – du groupe impressionne vraiment… Sans doute un extrait du nouvel album – le dixième en vingt-cinq ans, nous dira fièrement Courtney – qui sort officiellement ce jour même, et que personne dans la salle ne connaît donc a priori. Le son est excellent, ce qui est, reconnaissons-le, presque toujours le cas à l’Olympia, et surtout suffisamment fort pour notre plaisir malgré l’application depuis fin 2018 d’une nouvelle réglementation encore plus drastique que la précétente : il est vrai qu’au premier rang, pas très loin de la sono, la position est idéale !

2019 01 25 The Dandy Warhols Olympia (10)Toute la première partie du set va s’avérer d’une élégance folle, jusqu’à un Get Off magnifique de sensualité et de tension, ce mélange très caractéristique des Dandy Warhols, finalement. On déchante un peu avec High Life, extrait du nouvel album et interprété pour la première fois sur scène, nous dit-on : le chant de Zia peine à convaincre et le mélange musical électro-country qu’on nous propose frôle la faute de goût. On se reprend avec l’incontournable Not If You Were the Last Junkie on Earth (quel titre !), avant que les Dandy Warhols nous refassent le coup de la chanson pop sucrée et pas très belle avec un autre nouveau titre, Small Town Girls : pas sûr qu’on se sente vraiment impatient d’écouter le nouvel album, après ça !

On s’enfonce alors dans le ventre mou du set, et on sent que la tension dans la salle retombe, même si la passion que les gens ressentent pour ce groupe reste tangible… Disons que le concert tourne désormais un peu à vide. Mais qui a déjà vu les Dandy Warhols sur scène ne saurait être inquiet, le groupe ne rate jamais ses finales ! Et à partir de Godless, et bien sûr de Bohemian Like You, le plaisir revient, le public décolle. On lâche sur nous une pluie de gros ballons argentés, histoire de faire “ambiance anniversaire” et tout le monde est heureux. Courtney se décoince un peu pour prendre une photo du public en train de jouer avec les ballons. D’ailleurs même le service d’ordre a été mis à contribution pour les renvoyer lorsqu’ils retombent entre la scène et les crash barriers… Le concert se termine par un medley impeccable, on se doute bien qu’il n’y aura, comme toujours avec les Dandy Warhols, pas de rappel. D’ailleurs Courtney, puis Zia, nous invitent à les rejoindre dans 30-40 minutes à leur DJ set dans une autre salle. Les hommes quittent alors la scène tandis que Zia termine toute seule en nous arrosant de gargouillis électroniques.

25 ans de carrière donc, et les Dandy Warhols restent une expérience singulière, un groupe qui a un charme fou, mais qui quelque part, ne réalise jamais tout-à-fait ses promesses. Presque des beautiful losers, s’ils n’avaient pour eux tout l’amour de leur public.