Stranger Things S2 affiche

Curieusement, cette seconde saison de la série-buzz "Stranger Things" m'a paru, à moi qui avait ragé et pesté contre la première, plus digeste, plus fun... Et surtout beaucoup moins prétentieuse, en fait plus près d'une série B jouissive car sans complexes. Le baston final entre Eleven et les demo-dogs complètement risibles en images de synthèse crapoteuses, avec son fond rouge volcanique, m'a rappelé les bons moments où Big John se laissait aller à ses instincts "bad ass", et je me suis dit, d'un coup, que là, on arrêtait d'être dans la citation nostalgique bien rance, pour se lancer dans une véritable continuation bon enfant de ce cinéma singulier que nous aimions tant.

Ceux, nombreux, qui s'étaient pris au jeu de la série et détestent cette seconde saison "cheap" se plaignent non sans raison que les scénaristes ont fait un copié-collé sans imagination de la première (ils ont même osé refaire le coup de la décoration psychédélique de la maison des Byers !) : "Oui, et alors ?" leur répondrais-je ! Ce n'est quand même pas comme si "Stranger Things", c'était de l'Art, ou même du grand cinéma ! C'est juste une série un peu pourrave pour les geeks qui aiment les monstres baveux et les scènes gore (et il y a beaucoup plus de monstres baveux et de scènes gore dans cette seconde saison !).

En pompant franchement cette fois leur inspiration (car les Duffer Brothers n'ont aucune idée originale, ça c'est certain !) dans "Alien" et "ça", les scénaristes nous ont fait une vraie faveur : moins de Spielberg, plus de Stephen King et de franche horreur. Et cette fois, peut-être parce que le personnage d'Eleven, intéressant mais trop "singulier", est mis de côté, le groupe d'enfants fonctionne formidablement bien, avec la redoutable Mad Max en pièce rapportée : cette notion (certes idéalisée), si bien développée par King d'amitié devant l'épreuve, qui transcende races, classes sociales et même différences d'âge (voir le personnage vraiment passionnant une fois de plus de Steve, sans doute l'un des plus complexes et ambigus de la série) permet d'apporter une énergie positive à la saison, qui transcende joliment les invraisemblances et les lourdeurs du sujet "fantastique".

Reste qu'il convient que la future saison emporte la série ailleurs, suffisamment loin de ce petit terrain déjà bien arpenté. Croisons les doigts !