DIXPOURCENT S1-affiche

A l'origine de"Dix pour Cent" et de son succès, il y a l'excellente idée de la part "d'agents" comme le fameux Dominique Besnehard, (immortalisé par Pialat dans "A nos Amours", quand même...) de retranscrire en série certaines de leurs mésaventures professionnelles - forcément transformées par la fiction puisqu'on suppose que la réalité serait souvent embarrassante, voire compromettante pour nombre de stars du cinéma français...

Dans une jolie tradition que l'on peut faire remonter - si l'on est généreux - à certaines screwball comedies de Hawks, "Dix pour Cent" travaille donc l'imbroglio sentimentalo-comique entre vie professionnelle et vie amoureuse de quatre agents (et de leurs assistant(e)s) qui ont bien du mal à séparer leurs ambitions au sein d'une société qui prend l'eau et leurs désirs, le tout sur un rythme souvent bien enlevé qui ravira les aficionafos - comme moi - d'un certain classicisme hollywoodien.

On retrouve d'ailleurs parfois le nom de Cédric Klapisch au générique, et on a le droit de penser qu'il s'agit là de l'un de ses tous meilleurs travaux, son style enlevé se mettant parfaitement au service de scénarios bien trouvés, et d'interprètes parfois même en état de grâce : Camille Cottin, assez loin de son terrain de jeu habituel, trouve en particulier l'occasion de démontrer un talent inhabituel, au point de justifier à elle seule le visionnage des 6 épisodes de cette première saison.

Mais le coup de génie de la série, et ce qui lui a valu sa popularité, c'est d'inviter dans chaque épisode un ou deux acteurs notables, voire célèbres, à jouer leur propre personnage, ou du moins une version un peu décalée mais crédible de celui-ci : j'imagine que c'est notre côté "midinette fan de "Voici" ou de "Closer" qui entre en jeu, mais c'est assez délicieux d'être témoin de la jalousie professionnelle entre Line Renaud et Françoise Fabian, des conflits mère-fille de Nathalie Baye et Laura Smet, ou encore d'une relation torride entre Julie Gayet et Joey Starr...

Au fur et à mesure que la série avance, on note d'ailleurs plus d'audace de la part des scénaristes et plus de prise de risque de la part des comédiens, ce qui laisse bien présager de la suite...