Transparent S4 affiche

Ayant sans doute réalisé l'épuisement perceptible de sa verve dans la troisième saison, Jill Soloway a la brillante idée de faire retourner la famille Pfefferman à ses origines et à la confronter en Israël à de nouvelles complexités et de nouveaux doutes, grâce à un scénario particulièrement inventif cette fois.

D'un côté, "Transparent" nous offre son lot de stupéfiantes révélations familiales : la réapparition d'un père, impardonnable mais impossible à haïr, la découverte d'un "gène trans" dans l'histoire familiale... De l'autre, le déplacement temporaire de la fiction loin de L.A. permet de confronter les Pfefferman aux ambiguïtés politiques et morales d'Israël, pays forcément adoré - je pense à ces scènes superbes au Mur des Lamentations - et profondément détestable de par l'oppression exercée sur tout ce qui est "autre", symbolisée par une improbable (?) communauté LGBT en territoire palestinien. Jamais Soloway n'a sans doute été aussi politique qu'ici, ce qui amène à certaines dérives qui pourront faire tiquer, comme ces scènes drôles et absurdes, mais aussi franchement racistes, de la famille "allemande" de AirBnB, ou lorsqu'elle défend (?) le nouveau concept à la mode des "they", caractérisant les personnes à double identité sexuelle.

Heureusement, cette passionnante et courageuse double réflexion sur ce que c'est qu'être juif et ce que c'est que l'identité sexuelle n'est jamais pesante, mais réussit toujours aussi bien à nous faire rire (des échos de Woody Allen avec cette mère juive s'inventent une personnalité théâtrale italienne, mais aussi de Blake Edwards avec une plongée burlesque dans le triolisme) qu'à nous bouleverser, encore et encore.

Avec cette pétaradante saison 4, "Transparent" est redevenu un chef d'oeuvre. Reste à savoir maintenant ce que la série pourra faire de la mise à l'écart de Jeffrey Tambor suite à l'improbable révélation d'abus sexuels dans le sillage de l'affaire Wenstein. On est forcément inquiets...