2018 12 07 Black Box Revelation Point Ephémère (13)21h25 : Une autre surprise nous attend quand Black Box Revelation pénètrent sur scène, c’est que le duo… est devenu un trio ! Un troisième musicien accompagne Jan Paternoster et Dries Van Dijck, aux claviers, puis dans la seconde partie du set, à la guitare. Pourquoi pas ? C’est clairement une manière de faire croître la musique du groupe vers quelque chose de plus… ambitieux peut-être, à l’image des meilleurs titres du nouvel album… à condition de ne pas perdre en chemin cette lumineuse simplicité qui a toujours fait le charme de leur “bed-sitting” Blues Rock.

On attaque, comme sur “Tattooed Smiles”, par Kick The Habit : Jan, avec ses cheveux courts et sa barbe courte qui changent de son look d’antan plus… sauvage, est concentré, paraît peu amène, tandis que Dries a lui la boule à zéro, et reste le même ludion souriant derrière ses fûts qu’il martèle. Tour de chauffe donc avec ce titre, avant que Mama Call Me, Please permette au groupe de monter en puissance. De la puissance oui, mais il faut bien remarquer que le groupe a changé – comme nous, hein ! – depuis la dernière fois que nous les avons vu, en 2010, à la sortie de “Silver Threats” : moins de furie, moins d’hystérie même, plus de feeling. L’âge… qui fait que la musique gagne en profondeur et en beauté ce qu’elle perd en urgence. L’ambiance magnifique de “Tattooed Smiles” n’était pas une fausse poste, Black Box Revelation jouent aujourd’hui plus “classique”, la guitare de Paternoster est moins volcanique, moins dans la fureur et le spectaculaire, plus dans la sobriété, la précision et la recherche de l’âme. On peut avoir des regrets de débuts plus punks, on peut aussi se laisser aller à profiter pleinement d’un très beau set de 1h30, festival de guitare enchantée.

2018 12 07 Black Box Revelation Point Ephémère (26)La set list joue sur une alternance de morceaux du nouvel album (8 seront interprétés en tout, et ils seront souvent allongés par une partie instrumentale permettant à Jan de faire des prodiges à la guitare…) et de crowd pleasers des disques précédents. War Horse, parmi ceux-ci, un titre que je ne connaissais pas, est particulièrement impressionnant, tandis que Built to Last, composé avec Seasick Steve – qui n’est évidemment, et malheureusement, pas là ce soir – confirme superbement son futur statut de classique. Tattooed Smiles prend vraiment tout son sens en live, nerveux et électrique, trop court, beaucoup trop court. Do I Know You, dont le riff brillantissime reste à mon avis ce que BBR ont fait de mieux, est un plaisir intense…

Plus le set progresse, plus l’importance du troisième homme se confirme, et quand il passe à la guitare, le concert monte d’un ton : l’enthousiasme du public est plus franc, les duos de guitare s’élèvent de plus en plus haut. I Think I Like You conclut superbement le set dans un déluge de notes, et autour de moi, je ne vois que de grands sourires sur tous les visages. Même Jan, qui n’est pas toujours le plus prolixe des showmen, semble satisfait et échange quelques mots avec nous.

Le rappel sera généreux, et partira dans de longues digressions guitaristiques, dans lesquelles on s’installe confortablement : comme on le dit souvent à propos de Black Box Revelation, tout ça se résume en deux mots, CHALEUR et ELECTRICITE. On n’a pas envie que ça se termine, on se sent bien dans un Point Ephémère rempli de bonnes vibrations rock’n’rolliennes. L’effet BBR !