House-of-Cards-saison-6 poster

Alors que la liquidation de Kevin Spacey suite à un nième scandale de harcèlement sexuel fournissait la justification parfaite pour mettre fin à la longue dégringolade de "House of Cards", Netflix et les showrunners ont préféré la solution a priori plus honorable (hypocrite ?) de terminer l'histoire du couple Underwood, désormais réduit à la seule Claire, arrivée à son tour à la présidence des USA. Mal leur en a pris car cette dernière saison - écourtée car ne comprenant que 8 épisodes au lieu des 10 rituels - est sans doute ce que l'on a pu voir de pire, tous genres confondus, en termes de Série TV depuis des lustres. L'incohérence de la narration atteint des sommets - au point où l'on se demande fréquemment s'il ne manque pas des morceaux entiers de l'histoire qui nous est racontée -, mais elle est finalement moins grave que l'invraisemblable imbécilité de ce qui est - mal - raconté ici. En gros, tout le monde fait absolument n'importe quoi, sans aucune logique ni aucune cohérence "psychologique", dans un univers qui n'a plus aucun rapport avec la réalité politique. Les scénaristes (?) ont bon suggérer des échos avec la situation actuelle (puissance des lobbys industriels, manipulation de l'opinion publique via le smartphone, bras de fer avec la Russie sur l'Irak, etc. etc.), ce ne sont là que de tristes cache-misères devant l'abime vertigineux de stupidité de ce que "House of Cards" nous raconte. Robin Wright est d'ailleurs furieusement mal à l'aise sans son partenaire, dont le fantôme hante sinistrement chacun des épisodes - et ce d'autant que toute l'intrigue de cette saison tourne autour de lui, ce qui est sans doute d'une infinie maladresse -, et il n'y a guère que le couple démoniaque des Shepperd (sorti du chapeau des scénaristes sans que rien dans les 5 saisons précédentes ne nous ait suggéré leur existence ! -, très bien incarné par Diane Lane et Greg Kinnear, qui offre çà et là un rai de lumière dans ce long tunnel de souffrance. Mentionnons quand même le dernier épisode, qui nous balance LA révélation-choc à la mode, d'une telle absurdité que, si l'on prenait seulement une minute pour y penser, ce serait les derniers bons souvenirs de la série qui se trouveraient emportés : heureusement, on presse le bouton "Arrêt", et on ne repensera plus jamais à "House of Cards".