Ozark-season-2 poster

La seconde saison de ce petit plaisir quasi secret qu'est "Ozark" poursuit dans la même ligne que la première, non sans une certaine redondance, et n'évite pas une sensation de "sur place", de "ventre mou" : 3 ou 4 épisodes en moins auraient clairement amélioré le rythme, tandis que l'enchaînement perpétuel d'ennuis et d'obstacles sur la route des Byrde est désormais trop systématique pour ne pas irriter.

Ceci posé, ce qui est vraiment passionnant ici, c'est le dévoilement progressif de ce qui devient le thème central de "Ozark", la destruction de la famille (le fondement, on le sait, de la société américaine) du fait de la cupidité des hommes, et la prise de pouvoir des femmes, qui vont parvenir à stabiliser le chaos, à redonner une forme à des relations qui se sont par trop délitées, à redéfinir un futur.

Dans cette seconde saison, tous les personnages masculins ou presque sont veules, lâches, fous ou parfaitement répugnants (on sauvera du lot l'ineffable Buddy, véritable dinosaure condamné à l'extinction par son coeur malade, et Jonah le fils prodigue, néanmoins clairement destiné à reproduire les embrouilles paternelles...), ils seront tous liquidés - ou dépossédés de tout pouvoir, ce qui revient au même - dans la glaçante dernière ligne droite. Et à l'image du personnage de plus en plus froid et complètement terrifiant de Laura Linney, qui tient sans doute là le rôle de sa vie, les femmes seront apparues les plus déterminées, les plus efficaces : les seules à même de pouvoir tracer un chemin vers l'avant. Que cela soit au prix de la dernière étincelle de sincère compassion qui pouvait encore briller dans leurs yeux est toutefois une tragédie.