ozark-S1 poster

Sur un pitch initial pas follement original - encore une histoire "d'honnête homme" (enfin, pas si sûr…) entraîné dans des opérations criminelles dangereuses, doublée d'une confrontation "culturelle" entre citadins "sophistiqués" et bouseux de l'Amérique profonde, qui bien sûr, se révéleront beaucoup plus malins que prévu… -, Netflix nous concocte avec "Ozark" une série plus attachante que prévu, en particulier grâce à la surprenante atonalité de la narration, qui refuse le spectaculaire et le suspense facile, et nous livre un portrait profondément dépressif de losers qui se débattent avec l'énergie du désespoir pour ne pas sombrer corps et âme au milieu de l'enfer qu'ils ont eux-mêmes créé. Cette volonté de dédramatiser des situations qui sont pourtant extrêmes, pour s'intéresser seulement aux mécanismes intellectuels ou viscéraux de survie, et de mettre en scène le tout avec une froideur distanciée - qui surprendra plus d'un téléspectateur, faisons-en le pari - est réellement intéressante, et permet de passer outre pas mal d'invraisemblances dans la narration. La qualité de l'interprétation (Laura Linney et Jason Bateman sont en permanence excellents, Bateman semblant par ailleurs très impliqué dans le projet puisqu'il réalise certains épisodes) vient encore confirmer l'intérêt de cette série décalée et du coup, intéressante.