Oups_Game_Over_tome_4Alors là je ne sais pas. Ma fille de 7 ans se délecte avec ces micro histoires de massacres sanglants et de morts brutales, basées sur le postulat - jamais remis en cause - de l'imbécilité radicale de son héros anonyme, conjuguée à une malchance systématique. Et ma fille ne joue pas (encore...que je sache ?) aux jeux vidéo.

D'abord on sourit, puis on s'ennuie rapidement devant la répétition insensée des "gags". L'absence vertigineuse de contexte, de surprises, d'évolution de l'intrigue, de personnalité des héros, bref de tout ce qui est à la base de la fiction, fait donc de "Game Over" une oeuvre furieusement conceptuelle, radicalement abstraite. Ou pas. Simplement un assemblage décérébré de conneries inventées par des geeks coincés dans un univers stérile réduit au défi sans cesse répété d'un parcours désespéré vers la sortie ? Ou le fameux et tragique "Game Over"...

Et puis, "en même temps", notre générosité nous rappelle que l'origine du gag cinématographique "primitif" était redoutablement similaire : il s'agissait déjà de rire sans pitié et sans honte des infortunes brutales (chutes en tout genre) de héros maladroits ou malchanceux... infortunes désignées comme sans véritable conséquence. "Game Over" - la série BD - relèverait donc d'une forme d'Art "primitif" du XXIe siècle ? Corps éviscérés, têtes trépanées, membres brisés, yeux énuclés... princesse crétine et chevalier nain assouvissent encore et encore nos désirs de mort les plus inavouables.