The_Beatles_Eight_Days_a_Week_affiche

Soyons tout d'abord parfaitement honnêtes ! Il y a eu des moments délicieux pendant la première partie de "Eight Days a Week" où les larmes (de bonheur) nous sont venues aux yeux devant le spectacle toujours aussi renversant des 4 de Liverpool sur scène (surtout avec un son enfin correct !) : si seulement Ron Howard avait eu la bonne idée de laisser ces morceaux en entier plutôt que de les couper et de les recouvrir de commentaires, comme si le spectateur de son film n'avait pas la patience d'écouter 2 minutes trente d'une chanson des Beatles... !

Passons ensuite au sujet qui fâche : quel peut bien être justement le sujet que voulait traiter Howard ? La Beatlemania comme phénomène atypique ? Les rapports complexes entre les Beatles et les USA ? Le stakhanovisme impensable auxquels étaient soumis les artistes à une époque où ils n'avaient aucun contrôle sur leur destin ? L'évolution artistique du groupe entre 62 et 67 ? Parce que finalement, "Eight Days a Week" parle de tout ça, mais ne parle de rien en particulier non plus. Aucune vision sociétale ou politique au delà de quelques affirmations bien superficielles sur la ségrégation raciale (c'est mal !), sur le Vietnam (c'est loin) ou sur le fondamentalisme religieux (ils n'ont rien compris et de toute façon Lennon s'est excusé...). Même langue de bois quand il s'agit de parler des rapports au sein du groupe ou avec le management et la production : tout le monde est beau, tout le monde est gentil. Rien de bien pertinent non plus à propos de la création musicale ou, pire, de l'inspiration : George découvre le sitar, tout le monde fume des joints, John se dit qu'il faudrait parler de choses un peu plus intéressantes que "Boy Meets Girl", il passe une bande à l'envers sur le magnéto parce qu'il est nul avec ses doigts, le niveau...

Bref, au-delà du bonheur inépuisable de contempler la jeunesse éternelle de John, Paul, George et Ringo, qui allait changer littéralement le monde, il n'y a guère que les (trop brefs) souvenirs d'enfance de Whoopi Goldberg, de Sigourney Weaver et d'Elvis Costello, pour réveiller çà et là notre intérêt.

Une suggestion (gratuite) de sujet pour le prochain qui se collera à un documentaire sur les Fab Four : les Beatles et Nous...