2018 08 25 RES J2 Anna Calvi St Cloud (46)

17h50 : Il y a en tout cas des choses qui n'ont pas changé : Anna Calvi joue toujours en trio avec un batteur et avec une multi-instrumentiste (la même jeune femme qu’en 2011, semble-t-il…), et elle commence toujours son set par l'envoutant tour de force solo de Rider to the Sea. En revanche, mutation physique notable : cheveux bruns, look plus rock avec un bustier en cuir noir sous le costume noir. Un look un peu plus Rock si l’on veut, pour accompagner l’évolution de sa musique, plus agressive. Mais elle toujours aussi belle, même si on est quand même plutôt là pour son chant céleste et sa guitare apocalyptique.

Le set démarre sagement, Anna est retranchée derrière ses grandes lunettes de soleil, les premiers morceaux sonnent un peu bridés, et d'autant que le son n'est vraiment pas assez fort. La setlist alterne a priori des extraits de "Hunter", le nouvel album (qui par ses thèmes questionnant les genres, matérialise le coming out de la belle), et les chansons emblématiques du premier (I’ll Be Your Man, Suzanne & I). Le public est sage - trop sage -, mélange déséquilibré entre fans hardcore qui connaissent tous les titres et simples curieux qui ne seront visiblement pas convaincus par la musique, il est vrai d'abord un peu difficile d'Anna. De plus, le contexte d'un festival, un après-midi en plein air, ne permet pas d'apprécier vraiment le chant techniquement impeccable de la mini-diva.

2018 08 25 RES J2 Anna Calvi St Cloud (53)

C’est quand arrive le nouveau titre Don't Beat The Girl Out Of My Boy, et quand Anna balance rageusement ses lunettes avant de se jeter elle-même à terre dans un beau cliché rock'n'roll, qu’on sent le concert vraiment lancé ! Suzanne & I, puis Desire, l'une de ses chansons les plus conventionnelles mais aussi efficaces (évoquant les modèles du genre que sont la grande Patti ou encore PJ Harvey) nous remplissent de joie. Malheureusement le temps a vite passé, et il est déjà l'heure de clore ce set trop court : c'est désormais la reprise magnifique de Suicide, Ghost Rider, qui sert de piste de lancement au dernier solo incandescent… ce solo qui permet à Anna de répondre enfin au désir de son public jamais vraiment rassasié de cette guitare exceptionnelle. « Ghost rider motorcycle hero / Hey, baby, be be be be, he's a blazin' away / Like the stars, stars, stars in the universe » : Anna est à genoux et balance une dernière giclée de notes embrasées. Un grand moment. Il me faudra la revoir bien vite, en un lieu plus approprié.