Santa et Cie affiche

Bien qu'étant personnellement doucement réfractaire au défunt "humour Canal÷" et peu amateur du travail d'Alain Chabat, l'âge de ma fille (7 ans, pour ceux qui ne suivent pas..) m'oblige à visionner pas mal de films dont je me passerais très bien. Ceci posé, j'ai plutôt passé un bon moment devant les trois-quart de "Santa & Cie", devant ce que je qualifierai pour simplifier de "partie française", où Chabat joue sur son terrain, avec ses potes et ses vannes - souvent très très drôles, et c'est une bonne raison de voir le film ! Chabat y est sans doute plus à l'aise, sait ce qu'il fait et le fait bien, gérant de manière fine ce mélange de confusion bouffonne et de gêne honteuse qui me semble être le meilleur de son "style".

Un bémol important ici, c'est que, sans doute du fait de l'aspect familial du projet, Chabat retient trop ses coups, ne va pas au bout de ses idées : la critique de l'argent était ainsi une bonne piste qui ne débouche sur rien, la couleur publicitaire du Père Noël ne conduit qu'à percuter quasiment hors cadre un camion Coca-Cola ; quant au baiser amoureux entre les deux flics, il sera interrompu par la liesse générale (chez Chabat, j'ai bien peur qu'on reste encore dans le placard...). "Santa & Cie", avec un peu plus d'audace, aurait été un film beaucoup plus marquant, et je ne suis pas sûr qu'il aurait fait moins d'entrées pour autant...

Ceci dit, le dernier quart du film (en gros l'intro et la conclusion) reste une "américonnerie familiale" insupportable de niaiserie consensuelle, en plus laid toutefois, du fait du manque de maîtrise des effets spéciaux. On notera aussi que Chabat loupe complètement le passage "It's a beautiful life" de son film, s'empêtrant absurdement dans les conséquences d'un Noël sans jouets, et prouvant par là-même qu'il ne sera jamais Frank Capra (ce qu'on ne lui demandait pas de toute manière...).