2018 06 17 Starcrawler Download Festival (27)14h10 : Starcrawler ouvre donc les hostilités en ce dimanche, et la lumière du jour n'est pas forcément idéale pour nos Angelenos que l’on imagine plus à l'aise dans les caves les plus obscures. Henri Cash ouvre le bal avec le désormais classique Ants, avec sa guitare énervée, ses petits sauts à la Pete Townshend, ses mimiques marrantes et sa tenue rockabily très classe : le mec est toujours aussi sympathique. A droite, Tim Franco à la basse est toujours aussi impassible, frôlant la caricature, tandis que Austin, le batteur-fondateur du groupe, est l’image parfaite du musicien qui assurera en toutes circonstances une rythmique impeccable point-barre, avec nonchalance et professionnalisme. Arrow de Wilde apparaît pour nous offrir, sans surprise pour nous qui avons déjà vu le groupe sur scène, 40 minutes de son habituel spectacle maladif et dérangeant… même si elle semble à la lumière du jour bien plus saine que la dernière fois au Point Ephémère (on avait appris par la suite que le groupe avait abusé de substances toxiques la veille à Amsterdam, ce qui expliquait l'ambiance délétère et la brièveté du set...) ! Elle ira néanmoins confronter les photographes de manière particulièrement désagréable (Robert me confiera plus tard qu’elle a attrapé ses lunettes et les a balancées au loin…).

Dans ces circonstances plus ordinaires, je dirais que Starcrawler sonne surtout comme du "good clean fun", dans l'esprit éternel du rock'n'roll, que comme un groupe particulièrement pervers, malgré les contorsions et les regards venimeux d’Arrow. Et c'est très bien comme ça ! On passe donc une belle demi-heure à headbanguer, à chanter "I love LA", à apprécier les prouesses de Henri, jusqu'à ce qu'on arrive au fantastique enchainement de Pussy Tower et de Train (ma préférée, très courte, trop courte !) qui annonce la fin trop proche d'un petit set particulièrement efficace.

2018 06 17 Starcrawler Download Festival (51)Arrow va se remplir la bouche de son faux sang, il va falloir faire attention d'autant que, alors que Chicken Woman entre dans sa phase finale d'accélération, elle descend de scène pour venir chercher des noises aux spectateurs du premier rang. Impossible de lui échapper, même en me reculant, quand elle se jette sur moi toutes griffes dehors. Assez désagréable quand même de se sentir griffé sur le visage, et j’avoue que je ne sais pas trop comment réagir… Elle se tourne alors vers mon ami Xavier à ma gauche, tente de lui arracher ses protections auditives et finit par lui déchirer son cher t-shirt des Replacements. Pas vraiment fun, ce genre de conneries… Puis, sans doute contente de son coup, la voilà qui disparaît, laissant le groupe terminer seul la chanson. Ce qui se passe sur scène est quand même dans un tout autre ton, au point qu’on peut parler de réelle schizophrénie au sein de Starcrawler : Henri descend dans le public pour aller chercher un enfant qu’il fait monter avec lui sur scène, et auquel il montre comment faire un accord sur sa guitare. D’abord impressionné, le minot finit par se prendre au jeu, et ce sera lui qui terminera la chanson devant les acclamations du public… et à la joie des musiciens visiblement ravis ! Une conclusion vraiment sympathique à ce joli set après la ridicule agression d’Arrow…