The_Chase afficheSi "The Chase" prouve quelque chose, c'est bien que la brillante formule du nouveau polar coréen inventée par Bong Joon-Ho ou Na Hong-Jin il y a une quinzaine d'années s'essouffle sérieusement (à moins que cela ne soit qu'une novelle génération de cinéastes peine à arriver...) : il y a en effet dans le film de Kim Hong-Seon tous les ingrédients que l'on a appris à aimer, du mélange de genres (ici du cinéma social, de la comédie et du thriller, bien entendu...), de la noirceur, des acteurs polyvalents et crédibles, une mise en scène efficace et stylée, et un scénario qui part régulièrement dans des directions inattendues, mais rien ne fonctionne, et le résultat est désespérément plat, voire même par instants inepte. Car entre le ressassement de ces histoires de serial killers qui n'amusent plus personne (... ou au moins ne devraient plus amuser personne !) et la fausse profondeur "humaine" des relations entre les personnages, dégonflant terriblement une fin qui se voudrait cathartique et intense, il y a finalement très peu de cinéma dans "The Chase". On adhère tout d'abord à cette peinture finalement assez inhabituelle d'un troisième âge vaguement hargneux qui terrorise les plus jeunes dans une société où la précarité règne, et on est même prêts à se laisser embarquer dans une improbable histoire de détective victime d'Alzheimer (même si la vision de cette terrible maladie est ici pour le moins fantaisiste), mais il est impossible de ne pas décrocher quand l'intrigue se complexifie maladroitement en superposant divers faits divers à diverses époques. Au final, on ne retiendra de ce petit film, certes pas désagréable, que les trois scènes de poursuite à pied cahin-caha entre vieillards et éclopés, qui amusent, il est vrai, en nous proposant une version ralentie de cette fameuse "chase" emblématique du polar de toutes les nationalités. C'est peu.