2018 05 26 Naked Giants Trabendo (52)On ne célébrera jamais assez les vertus du bruit quand il sort d'un ampli de guitare poussé à fond, et quand le type au manche n'en est pas un (de manche). On ne répétera jamais non plus assez qu'un bon vieux power trio des familles (guitare + basse + batterie) reste la manière la plus magistrale de faire du rock. Ce soir au Trabendo, en 45 minutes, Naked Giants ("a band from Seattle", comme ils le clament avec fierté, et ils ont raison…) nous ont rappelé quelques évidences du même tonneau. Et nous ont du même coup donné beaucoup, beaucoup de plaisir. Bloqués au sommet des années 90, au moment du passage de relais entre Pixies et Nirvana, avec un soupçon de Presidents or the United States pour le goût des mélodies pop et pour la fantaisie, et une touche de blues stoogien pour épaissir le tout, Naked Giants est un groupe incroyable sur scène : ils sont drôles, sympathiques, redoutables musiciens, et ils nous distribuent dans le désordre le plus séduisant passages bruitistes, rythmes déconstruits, accélérations punks, et riffs puissants. Grunge not dead, mais un grunge qui a troqué le désespoir pour un solide appétit de vivre. La fosse du Trabendo danse un grand sourire aux lèvres, chaque chanson accroche, le bassiste (Gianni) invente des danses inédites, le guitariste (Grant) se roule par terre comme il faut et le batteur surpuissant (Henry) gère aussi l'ambiance. Ce soir je ne sais pas si nous avons eu la chance de découvrir un grand groupe de demain et je m'en fous un peu. Car nous avons restauré une fois de plus notre foi en le rock'n'roll.