American Utopia« He has the brain of a chicken and the dick of a donkey »… Oui, le type qui a écrit cette phrase, et bien d’autre toutes aussi embarrassantes dans son dernier album, c’est David Byrne. Le même David Byrne qui nous offrit "Psycho Killer" en 1977, et ensuite des dizaines de morceaux géniaux qui illuminèrent les eighties. Un type dont on vante partout la grande intelligence, et dont on ne célébrera jamais assez l’impact qu’il eut sur la musique (réellement) moderne.

Et pourtant, on attendait beaucoup, vraiment beaucoup de cet album, lancé par Byrne avec force superlatifs et l’annonce d’une tournée mondiale ambitieuse (on se verra quand même à la Philharmonie débuts juillet !)… Mais dès le début, on sent le plantage grave : "I Dance Like This" est un titre prometteur, puisqu’on pourrait écrire un livre entier sur la manière dont Byrne "danse"… sauf que, avec ses paroles insignifiantes et son irruptions de synthés 80’s du plus mauvais effet, le titre ne tient aucune de ces promesses. Mou ! Tout cela est mou, affreusement mou ! Un comble pour le type qui a composé un jour des bombes à fragmentation comme "Life During Wartime" ou "Burning down the House !"

La suite confirme nos pires premières impressions : des mélodies re-pompées directement sur les meilleurs titres des Talking Heads, des effets de voix outranciers et rapidement gênants, une absence quasi-totale de morceaux groovy ou même simplement up-tempos, l’album ne peut que consterner son auditeur. Sans même mentionner ces paroles agressivement provocatrices, à travers lesquelles Byrne semble vouloir célébrer une Amérique anti-Trump combattive et positive… mais finalement guère plus intelligente que lui !

Bon, plusieurs écoutes obstinées et patientes de l’album nous réconcilieront avec certains titres (en particulier "Everybody’s Coming to My House", qui semble renouer avec l’inspiration du passé…), surtout dans la seconde partie de l’album, tandis que la production moderniste, et par instants réellement brillante, nous prouvera que quelque part, Byrne a toujours une vision aigüe de comment la musique contemporaine doit sonner.

Mais bon dieu, que tout cela arrive à être à la fois prétentieux, complètement dénué d’âme et plat !