Nuit Minier

J'ai le gros défaut d'aller chercher au dernier moment, avant d'embarquer dans mon train ou mon avion, un bouquin "facile à lire" au kiosque "Relay" de la gare et de l'aéroport, privilégiant en général (lorsque je ne vois aucun nouvelle publication en format poche de l'un de mes auteurs "sérieux" préférés...) le thriller standard qui m'aidera à supporter les longues heures de voyage... Cette introduction un peu trop circonstanciée me sert, je me rends compte, à justifier l'achat et la lecture d'un machin aussi peu recommandable que ce "Nuit", première et dernière lecture de ma part d'une "oeuvre" du dénommé Minier. Car j'ai honte, oui, j'ai honte d'avoir lu un tel fatras d'imbécilités incohérentes, évidemment mal écrites, mais surtout manquant de la moindre de ces qualités qui élèvent occasionnellement le "polar de gare" (justement) au dessus du genre.

Honte d'avoir tourné les pages aussi mécaniquement, sans - rapidement - ne plus rien attendre d'un mauvais suspense qui ne pouvait déboucher que sur l'un de ses twists pourris (et évidemment complètement illogiques) qui semblent nécessaires à l'attrait du thriller contemporain. Minier, c'est l'équivalent d'un McDo qui va perdre sa licence suite à la dernière visite de l'inspection sanitaire : les ingrédients sont pourris (éternel retour d'un serial killer à l'intelligence supérieure, flic indiscipliné empêtré dans ses histoires personnelles, personnages manquant totalement de consistance et de vraisemblance, donc capable de faire n'importe quoi pour faire avancer la "logique" du scénario), la recette est banale et connue (courses-poursuites dans la nuit, crimes sanglants, duplicité à tous les étages, cliffhangers se multipliant sans nécessité particulière), et l'exécution infecte (ajout aléatoire de sujets improbables : la vie après la mort, les pratiques sado-masochistes, n'en jetez plus !) : le cuisinier avait les mains sales, il sortait des toilettes et ne se les étaient pas lavées : j'ai eu tout de suite mal au ventre.