True Detective S2 jaquetteLa très mauvaise réception critique de la seconde saison de "True Detective" m'avait conduit à l'ignorer pendant 4 ans, avant que l'annonce du redémarrage d'une troisième saison ne remette la série au coeur de l'actualité. De fait, cette seconde saison, témoignant d'un retour vers une sorte de "classicisme" (relatif) du film noir, refaisant le parcours de Chandler à Elroy, est bien inférieure à la première. Ce qui ne veut pas dire qu'elle est aussi médiocre qu'on l'a généralement affirmé.

Oui, l'intrigue policière, avec sa multiplication incontrôlée de personnages, est largement incompréhensible et éjecte régulièrement le spectateur dans une zone d'indifférence vis à vis de ce qui se passe à l'écran. Oui, les choix formels (splendides et ambitieux), permettant de décrire la ville imaginaire de Vinci comme un labyrinthe inhumain d'échangeurs autoroutiers et de friches industrielles, ne contaminent pas sufisamment le récit comme dans la fameuse première saison. Oui, l'interprétation générale trop chargée en testostérone est bien en dessous de celle - extraordinaire, on l'a beaucoup répété du duo McConaughey - Harrelson -, Colin Farrell étant, comme souvent, excessivement mauvais.

Reste qu'à mi course, après un démarrage soporifique, les scénaristes imaginent une cassure démente dans la narration, à la faveur d'un shoot out impressionnant, et envoient ensuite leurs personnages errer dans un no man's land d'horreur et de désespoir qui élève à nouveau la série vers les sommets du genre. Jusqu'à une conclusion très sombre que l'on peut juger - en dépit de ses connotations moralistes puisqu'il s'agit de bien punir "les méchants" - supérieure à celle de la première saison.

Bref, une saison beaucoup plus acceptable qu'on a pu le dire, et qui fait qu'on attend la suite avec une impatience renouvelée.