Pukhtu PrimoAutant ne pas y aller par quatre chemins : "Pukhtu Primo" (pour moi il n'y aura pas de "Secundo", je peux vous l'affirmer !) est le livre le plus détestable et le plus ennuyeux que j'ai lu depuis une bonne dizaine d'années. Il m'avait été pourtant chaudement recommandé par une amie lectrice assidue, et semblait bénéficier de bonnes critiques en général. Je suppose que cet enthousiasme que je trouve déplacé, voire hallucinant, résulte de l'approche journalistique, détaillée, et en effet instructive (même si on ne lira ici rien qui nous surprenne vraiment, pourvu qu'on se tienne un tant soit peu au fait de l'actualité) de DOA sur le conflit afghan, et sur les dérives mafieuse des sociétés privées substituant de plus en plus les braves marines US dans les conflits à travers le globe. Ceci admis, et bien volontiers, je ne vois pas ce qu'on peut sauver de ce pavé de 800 pages, indigeste au possible, qu'il m'a fallu plus d'un mois pour lire tant je le reposais en soupirant d'ennui au bout de quelques pages à chaque fois que je l'ouvrais... Le "style" littéraire du dénommé "Mort-à-l'arrivée" (mort cérébrale, indiscutablement...) est une horreur sans nom, conjuguant les poncifs les plus obscènes du thriller bas de gamme (violence gore, femmes putes, mépris général), pose nihiliste à a mode (pas un rai de lumière en 800 pages, c'est classe, non ?), fascination mal dissimulée pour les puissances du fric / du Mal qu'on fait semblant de condamner (les scènes "françaises" sont particulièrement abjectes...), le tout écrit avec les pieds, en introduisant régulièrement des mots orduriers au milieu de longues phrases qui se veulent sophistiquées, histoire de prouver qu'on est ici entre gens modernes et cools, je suppose. Même la construction un peu audacieuse du récit, puisque DOA nous jette sans repères dans le chaos afghan, et ne nous permet de distinguer un minimum les personnages qu'au bout de 300 (looooongues) pages, se retourne contre "Pulhtu" puisqu'on se rend bien compte que ces fameux personnages ne sont que des stéréotypes creux, envers lesquels on ne ressent qu'une indifférence rapidement hostile.

Ce livre est une véritable purge, que je ne saurais recommander à personne à qui il reste un semblant de respect pour la littérature.

PS : Après avoir refermé cette horreur (je termine toujours mes livres, quoi qu'il m'en coûte), j'ai ouvert un livre de Jim Harrison, et en deux pages, j'ai retrouvé le ravissement que procure la lecture d'un VRAI livre. Ouf !