Culottées 2Le combat, depuis longtemps engagé et loin d'être gagné (les avancées en Occident ne compensent pas une situation qui se dégrade cruellement dans le monde musulman par exemple), est certainement l'un des plus essentiels de notre époque. La nécessité d'un "Art militant" qui contribue à faire changer les mentalités n'est guère discutable et l'on ne peut qu'applaudir à l'initiative de Pénélope Bagieu dont le second tome des "Culottées" a rencontré un joli succès commercial en 2017.

On peut néanmoins s'interroger sur les qualités intrinsèques de ces brèves chroniques de vies féminines choisies pour illustrer - souvent de manière un tantinet forcée - le droit des femmes à "ne faire que ce qu'elles veulent", soit une déclaration plutôt infantile comme programme politique. Formellement, le graphisme joli mais très "standard", ainsi que l'abondance de texte suppléant une narration lourde et maladroite rendent la lecture de "Culottées Tome 2" rapidement fastidieuse : voilà un livre qu'on aura du mal à dévorer rapidement et qu'on aura plutôt tendance à ingurgiter à petites doses ! )

Mais le problème de fond réside bien dans une sorte de malhonnêteté intellectuelle sous-jacente au projet : ces biographies de femmes artistes, scientifiques, parfois militantes, sont toujours vues sous le prisme unique du féminisme, survolées à des fins purement démonstratives, et finalement privées de ce qui ferait leur vraie richesse, une attention au contexte social et politique dans lesquelles elles s'inscrivent, et surtout à l'humanité de ces "figures" de la féminité vite réduites en quelques pages à des symboles, voire à des stéréotypes qui ne font pas honneur à leur lutte individuelle.

Au milieu d'un marais de moins en moins convaincant d'histoires paradoxalement plutôt "tièdes", surnage quand même l'incroyable et horrifique portrait de "la Reine des Bandits" qu'on aimerait vraiment voir développé en un récit complet, et illustré par un artiste qui aurait plus de talent que Bagieu.