The Americans 4 JaquettePas publiée à date en DVD en France, la quatrième saison de "The Americans", une série généralement sous-estimée, se révèle la plus singulière, voire la plus exigeante : pas question cette fois (ou si peu...) de nous accrocher avec du thriller et de la tension, même si le scénario est riche en événements, entre fuitages d'armes biologiques et embroglios familiaux ! Le choix de l'équipe de Joseph Weisberg (un ancien de la CIA, semble-t-il) est de se concentrer sur l'impact psychologique et moral des choix - souvent cruciaux - que vont faire ici les membres de la famille Jennings, mais aussi les différents protagonistes des multiples arcs narratifs construits depuis le début de la série. Du coup, et même si bien des comptes se voient ici soldés, avec une hécatombe de personnages, le rythme patient de la série, l'absence de cliffhangers et de moments spectaculaires pourra rebuter les téléspectateurs les moins attentifs... Il est donc plus que jamais évident que l'objectif de Weisberg est de nous dire combien une vie de mensonges, pour les meilleures raisons du monde (l'amour de la patrie, la protection de sa famille, la "paix dans le monde", même...), s'apparente à un interminable séjour dans les flammes de l'enfer. La fin brutale, implacable même, de toutes les illusions (la mort de Nina, l'effondrement du mensonge du mariage de Martha, l'abandon de sa carrière par Oleg, la débâcle de la vie amoureuse et familiale de Stan, la découverte progressive de la veritable nature des parents de Paige, et surtout la réalisation par les "infiltrés" que le "Vieux Pays" ne mérite peut-être pas tous ces sacrifices), se trouve superbement signifiée par une tristesse constante des situations, qui tend même dans les meilleurs moments de la saison à une sorte d'hébétude désespérée. Entre la mort absurde de Frank Gaad, la trahison abjecte d'une amitié naissante et le geste suicidaire terrifiant de William, difficile de dire ce qui brisera le plus notre coeur cette fois, mais c'est en ce sentiment d'apocalypse tranquille qui se dégage de ces 13 épisodes que réside la beauté de "The Americans"...