Hitchhiker... Alors là, je ne sais pas. Je vois des tas de gens bien porter aux nues "Hitchhiker", comme si 2017 était une année tellement pourrie musicalement qu'il fallait absolument retourner se laver les oreilles en 1976. Comme si Neil Young lui-même ne nous avait pas gratifié de deux albums récents d'excellente facture ("The Monsanto Years", roboratif et énergique, et surtout "Peace Trail", vraiment inspiré - que peu de gens semblent avoir vraiment écouté !). Tout cet enthousiasme pour ce qui n'est, objectivement, qu'une collection de démos enregistrées "à la coule" par un musicien en mode "envapé", de chansons que nous connaissons tous, et souvent dans des versions meilleures, ne traduit-il pas une nostalgie assez dérangeante pour une époque "bénie" qui n'a évidemment jamais existé. Bien sûr, bien sûr, la moitié des morceaux de "Hichhiker" sont purement géniaux, il faudrait être sourds pour ne pas le reconnaître, et le père Neil, même sous influence, chantait en 1976 d'une voix qui vous touche directement en plein cœur : de ce point de vue, le plaisir est indiscutablement garanti. Et permet de passer outre le jeu de guitare minimal (des démos, on vous dit), et de légères fluctuations du niveau sonore assez surprenantes. Bref, inscrit dans un hypothétique second volume des "Archives" (l'arlésienne parfaite...), "Hitchhiker" aurait été du nanan. Vendu comme un album "autonome" et au prix fort, c'est quand même un peu du foutage de gueule. Retournez plutôt écouter "Harvest" ou "On the Beach", ces chefs d'oeuvre-là ne s'usent pas.