La_Femme_est_l_Avebir_AfficheAu sein de la désormais longue filmographie du grand Hong Sang-Soo, "la Femme est l'Avenir de l'Homme" est un film qui désoriente certains des plus grands fans du maître coréen, de par sa trivialité sexuelle assumée : ces deux fellations réclamées sans ambages et exécutées sans rechigner par deux jeunes femmes différentes (évidemment superbes, mais bon, là n'est pas le sujet) sont décidément difficiles à avaler si l'on veut s'en tenir à la réputation - à mon sens erroné - de disciple d'Eric Rohmer qu'a acquis en France Hong Sang-Soo. C'est que le sujet du film, sans doute moins caché qu'à l'habitude, est la répugnante vulgarité, la superficialité égoïste et radicale des hommes, et Hong Sang-Soo n'y va pas par quatre chemins pour nous peindre une paire de héros à la limite de l'abjection, entre lâcheté et aveuglement. Cette radiographie sombre des relations amoureuses - même si cette succession de drames immobiles est baignée cette fois d'une lumière superbe - confirme toutefois une maîtrise remarquable de la concision dans la narration, et de la délicatesse dans la mise en scène (oui, même lorsqu'il s'agit de filmer des scènes de sexes assez crues…). "La Femme est l'avenir de l'Homme" est donc un autre film sans concession mais sans excès, qui peut par instant évoquer les débuts de la Nouvelle Vague, sans l'énergie de cette dernière, mais avec en plus une indéniable maîtrise de la construction scénaristique (ah, ces flashbacks déroutants !) ainsi que de la représentation de la banalité du quotidien. Suivant son humeur, on trouvera cela terriblement déprimant, peut-être même ennuyeux, ou on se laissera captiver - voire enthousiasmer - par ces désordres pitoyables noyés dans l'alcool.